Irak: appel à l'unité dans les prêches du vendredi

11:30 - February 26, 2006
Code de l'info: 1481084
Service international: Les prières du vendredi se sont déroulées en Irak sous couvre-feu et dans le calme, tandis que des manifestations en faveur de l'unité entre sunnites et chiites ont eu lieu dans les villes chiites du sud du pays.

Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP", le Premier ministre, Ibrahim al-Jaafari, a décidé d'imposer le couvre-feu samedi pour la seconde journée consécutive et interdit le port des armes sans autorisation.

Ces mesures visent à éviter que se produisent de nouveaux incidents après les violences confessionnelles qui ont fait près de 140 morts à la suite de l'attentat mercredi contre un mausolée à Samarra, ville sunnite au nord de Bagdad.

A Samarra, l'imam sunnite Ahmad Dayeh a estimé que l'attentat de mercredi "constituait un complot contre la ville et qu'il fallait rester unis pour ne pas tomber dans le piège tendu par les comploteurs".

Dans les régions chiites, les prêches ont accusé les "terroristes partisans de Saddam Hussein et takfiris", extrémistes.



"Ce crime a été commis par l'ennemi commun des sunnites et des chiites. Nous devons affirmer notre attachement à vivre ensemble, de façon pacifique et fraternelle", a affirmé dans la ville sainte chiite de Kerbala, le représentant du grand ayatollah Ali Sistani, Abdel Mehdi al-Karbalaï.

A Koufa, le mouvement du chef chiite radical Moqtada al-Sadr a organisé une manifestation pour "s'opposer aux tentatives de semer la division" entre les Irakiens.

L'imam de la mosquée de la ville sainte chiite de Najaf, cheikh Sadreddine al-Koubbanji, a pris à partie l'ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Zalmay Khalilzad.

"Certaines ambassades étrangères font des déclarations irresponsables qui renforcent le terrorisme alors qu'il était en voie d'affaiblissement", a déclaré cet imam, membre du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), un puissant parti conservateur chiite.

Il a reproché à l'ambassadeur des Etats-Unis "d'être lui-même sectaire et ayant des origines sectaires", faisant allusion à ses origines afghanes et sunnites.

Lundi, M. Khalilzad avait estimé que "le problème fondamental en Irak était un conflit ethnique et communautaire".

Dans les mosquées sunnites, le ton était également à l'apaisement. A Baaqouba, cheikh Chehab al-Samarraï a qualifié de "terroriste l'attaque du mausolée ainsi que des lieux de culte sunnites".



A Falloujah, Cheikh Hamid Jaddouh, imam de la mosquée al-Forkane, a "appelé à la signature d'un pacte d'honneur entre sunnites et chiites pour protéger les lieux saints musulmans".

M. Jaafari a décidé d'imposer le couvre-feu samedi pour la seconde journée consécutive jusqu'à 16H00 (13H00 GMT), sur Bagdad et trois autres provinces, selon un communiqué diffusé sur la télévision officielle al-Iraqia.

"Le couvre-feu sera de nouveau en vigueur samedi jusqu'à 16H00 dans la capitale et les provinces de Salaheddine, Diyala et Babylone", indique le communiqué.

La population ne sera donc autorisée à circuler qu'entre 16H00 et 20H00. Un couvre-feu identique avait été imposé vendredi, jour de prière.

"Afin de protéger les citoyens et leurs biens, il est désormais interdit de circuler en armes et de porter des armes hors des maisons et des commerces sans être muni d'une autorisation spéciale", a en outre déclaré le chef du gouvernement à la télévision.

Il a souligné que "le dispositif de sécurité serait renforcé dans les points chauds" de la capitale et ailleurs.


Cependant, deux obus de mortier ont été tirés après 19H00 sur la tombe d'un compagnon du prophète Mahomet au sud de Bagdad, a indiqué une source au ministère de l'Intérieur.

Dans la journée, un muezzin chiite et un prédicateur sunnite ont été tués au nord et au sud de Bagdad, alors que les corps de treize personnes tuées par balle ont été découverts dans différents quartiers de la capitale.

En outre, deux policiers ont été tués dans l'explosion d'une bombe dans le centre de Samarra.


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