Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP",
Asmaa Abdol-Hamid, 24 ans, d'origine palestinienne, présente depuis mercredi dernier une série de huit programmes sur la chaîne publique DR2, intitulée "Adam og Asmaa" (Adam et Asmaa) et consacrée aux rapports entre l'islam et l'Occident, tendus depuis la crise internationale liée aux dessins controversés.
Dans l'émission, la jeune femme débat avec Adam, présentateur défenseur inflexible de la liberté d'expression, et des invités, des conséquences de cette crise.
Mais plus que les propos échangés, c'est surtout le foulard de la présentatrice qui provoque des remous.
"Le choix d'Asma Abdol-Hamid (...) est une insulte à la fois aux femmes danoises et musulmanes. Elle envoie un signal qu'une femme honorable ne peut sortir si elle n'est pas couverte", estime Vibeke Manniche, présidente de l'association "Kvinder for frihed" (Femmes pour la liberté).
Cette association fondée le 8 mars en réaction aux protestations des musulmans conteste le choix d'une chaîne de service public de laisser "une islamiste représenter les musulmans" au Danemark.
La présentatrice est membre d'une des organisations musulmanes qui ont intenté récemment un procès contre Jyllands-Posten, le quotidien qui avait publié le premier les caricatures, en septembre dernier.
Considérée comme radicale, elle refuse jusqu'à serrer la main aux hommes. "Pour moi c'est un choix religieux qui n'a rien à voir avec l'oppression des femmes", affirme-t-elle mardi dans le quotidien Politiken (centre-gauche).
La télévision publique a défendu son programme, estimant devoir assurer le pluralisme culturel. "Les femmes au foulard font partie de la société danoise et nous devons en tenir compte", a déclaré à l'AFP Arne Notkin, responsable de cette émission.
Partageant cet avis, le mouvement "Feministisk forum" (Forum féministe), a apporté mardi son soutien à la présentatrice controversée, estimant que son embauche "renforce l'égalité ethnique et sexuelle au Danemark".