La finance et du commerce islamiques en Grande Bretagne

17:10 - June 22, 2006
Code de l'info: 1485988
Service international: Le ministre britannique des Finances, Gordon Brown, a annoncé l’intention du gouvernement de faire du Royaume-Uni "la porte d'entrée de la finance et du commerce islamiques", et de préparer ainsi le terrain pour des liens commerciaux plus solides entre l’Occident et le monde musulman.

Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant (IINA), cet effort, selon le Chancelier de l’Echiquier, aiderait non seulement l'économie britannique, mais contribuerait également à réduire les divisions entre le monde occidental et le monde musulman, a-t-il dit lors d’une conférence de deux jours, organisée récemment à Londres par le Conseil musulman de la Grande-Bretagne.

Il entend pour ce faire "renforcer les liens commerciaux entre le Royaume-Uni et les pays musulmans". Selon lui, la Grande-Bretagne est déjà le premier investisseur européen à Oman, le premier investisseur non arabe en Egypte et le second plus gros investisseur étranger au Pakistan et en Arabie Saoudite.

Le Chancelier de l'Echiquier entend aussi que Londres soit "le centre mondial de la finance islamique", alors que les banques de la City, à l'instar de Lloyds TSB et HSBC, ont déjà commencé à proposer des produits respectueux de la Charia, qui interdit l'usure de l'argent et d'investir dans certains secteurs comme le tabac, l'alcool ou le jeu.

Dans le cas d'un prêt immobilier "islamique" par exemple, la banque achète le logement pour le compte du client, en payant jusqu'à 90% du prix. Le client paie les 10% restants et rembourse le montant avancé par la banque sur 25 ans maximum, augmenté d'un loyer via lequel la banque se rémunère.

Le ministère britannique des Finances travaille actuellement à un paquet de mesures visant à légaliser d'autres services.

Gordon Brown s'est engagé une nouvelle fois à achever les négociations commerciales multilatérales pour favoriser le développement économique du Proche-Orient et de l'Indonésie.

Le secteur de la finance islamique s'est beaucoup développé ces dernières années et pèserait environ 200 milliards de dollars dans le monde selon des estimations. Le Royaume-Uni compte quelque deux millions de musulmans.

Tout en déclarant que les pays peuvent se rapprocher les uns des autres par la coopération commerciale et économique, M. Gordon a reconnu la banque islamique de développement (BID) en tant que principal institution multilatérale islamique de financement aidant à alléger la pauvreté, et à promouvoir le commerce entre les nations. Appelant pour une lutte globale contre la pauvreté, il a cité un Hadith pour expliquer le besoin d'alléger la pauvreté, et de donner une meilleure éducation entre autres.

Une autre conférence aura lieu vendredi à Londres entre des représentants de la City et du Centre Financier International de Dubaï (DIFC).

"Les institutions de la City de Londres sont un élément clef dans le développement de la région du Golfe", a déjà estimé Omar Bin Sulaiman, gouverneur du DIFC, dans un communiqué.

Le Président de la BID le Dr. Ahmad Mohamed Ali, a déclaré que le commerce pourrait être un instrument pour le dialogue et le partenariat fructueux entre les nations en plus d'aider les pays en voie de développement à se tenir sur leurs propres pieds. Il avait exprimé l'espoir que la conférence ouvrirait de nouvelles occasions pour améliorer les relations commerciales entre le Royaume Uni et les Etats membres de l’OCI particulièrement à cause du fait que Londres émerge comme centre émergeant rapidement pour les opérations bancaires islamiques.

Le rapport du secrétaire général de l’OCI, le Prof. Ekmeleddin Ihsanoglu a été lu par le Président de l’AAOIFI de Bahreïn, Cheikh Ibrahim bin Khalifa Al Khalifa.

Plusieurs oulémas et experts en matière de financement islamique ont présenté des travaux à la conférence de deux jours.

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