Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP",
"A partir d'aujourd'hui (jeudi), nous avons changé notre nom officiel: le Conseil des tribunaux islamiques (CIC, mis en place samedi) devient le Conseil suprême islamique de Somalie (SICS)", qui est le principal organe des cours islamiques dans le pays, a déclaré l'un des principaux dirigeants des tribunaux, Cheikh Sharif Cheikh Ahmed, lors d'une conférence de presse à Mogadiscio.
"Le SICS essaiera de restaurer la paix en Somalie et de réaliser le rêve de la population d'être gouvernée par ses propres leaders", a-t-il ajouté.
Le SICS contrôle actuellement trois régions et demi sur un total de dix-huit en Somalie. Les tribunaux islamiques ont réussi à régner dans ces zones depuis début juin, après la prise de la capitale Mogadiscio contre une alliance de chefs de guerre soutenue par les Etats-Unis.
La Somalie, pays en guerre civile depuis 1991, est aujourd'hui plus que jamais morcelée. Le gouvernement somalien, mis en place en 2004 mais totalement incapable de rétablir l'ordre, ne contrôle de fait que la région de Baïdoa (250 km au nord-ouest de Mogadiscio).
Le sud-est aux mains des chefs de guerre qui se sont autopoclamés gouverneurs. Le Somaliland, région du nord-ouest qui représente un quart du territoire de la Somalie et environ un tiers de la population, a proclamé son indépendance en 1991. Le Puntland, région autonome autoproclamée du nord-est, possède sa propre administration.
"Nous croyons qu'il n'y a pas d'entité nationale en Somalie, à l'exception du gouvernement fédéral de transition", a réagi jeudi le ministre somalien de l'Information, Mohamed Abdi Hayir, interrogé par l'AFP dans la capitale kényane Nairobi.
"Les tribunaux se sont nommés pour pacifier Mogadiscio, pas pour représenter la nation", a-t-il ajouté. "Les tribunaux étaient les leaders d'une rébellion contre les chefs de guerre à Mogadiscio et ils devraient rester là-bas, ce n'est pas une institution nationale", a-t-il insisté.
"Si les tribunaux s'appellent un organe national, c'est une erreur, nous représentons les Somaliens", a encore dit le ministre.
"Les tribunaux islamiques ont reconnu le gouvernement de transition et ses institutions fédérales nationales à Khartoum. Nous les attendons pour une réunion le 15 juillet", a-t-il lancé.
Il faisait référence à l'accord de reconnaissance mutuelle conclu le 22 juin au Soudan entre les tribunaux islamiques et le gouvernement somalien, et à la réunion de suivi prévue le 15 juillet, toujours dans la capitale soudanaise.
Cheikh Hassan Dahir Aweys, décrit comme terroriste par les Etats-Unis et qui occupait la tête du CIC, conserve son poste au sein du nouveau SICS.