L’homme est serein, calme et précis. Dans son bureau au Madjliss annouab (le Parlement libanais), le tapis de prière jouxte l’écran de télévision projetant des images de la télévision israélienne reprises par la chaîne du Hezbollah, Al Manar, relatant les conséquences des frappes du parti chiite sur le nord d’Israël. Des posters du leader spirituel de la mouvance, Moussa Sadr, « disparu » en Libye en 1978, ornent son secrétariat.
Quel est le point de la situation sur le terrain ?
Une grande bataille a eu lieu à Bit Djebil et Aïn Taroun (Liban Sud). L’ennemi a perdu 18 soldats dont un officier. Nous n’avons jamais dit qu’Israël ne rentrera par dans notre territoire. Nous avons dit que s’ils rentrent, nous les frapperons. Nous ne menons pas un combat de positions, car la résistance n’a pas de positions fixes.
Lorsque sera fixé le cessez-le-feu, quelle sera la position du Hezbollah dans la scène politique libanaise ?
C’est le temps aujourd’hui de la résistance, on discutera après et nous avons la capacité de discuter.
Comment peut-on aujourd’hui discuter du désarmement du Hezbollah ?
Toute discussion du genre dans le contexte actuel est une reddition à l’ennemi sioniste. De toute manière, l’après cessez-le-feu verra de grands chamboulements dans toute la région et l’avenir appartiendra aux peuples et à la résistance.
Certains pays arabes ont qualifié le rapt des soldats israéliens d’« action d’aventuriers », qu’en pensez-vous ?
Ces pays ont changé leur position aujourd’hui. Certains d’entre eux parlent maintenant de la nécessité d’un cessez-le-feu sans conditions préalables.
Les Israéliens évoquent une durée de guerre de plusieurs semaines…
Les Israéliens sont fatigués d’être utilisés par Washington. Le journal britannique The Guardian évoque un « mauvais état nerveux » chez Ehud Olmert. Ils ne tiendront pas longtemps.
Source: ''El Watan''