Québec (IQNA)-Nasrallah, nouvelle icône du monde arabe et musulman

12:35 - August 12, 2006
Code de l'info: 1492250
Du Maroc à l'Indonésie, pour des chiites comme pour des sunnites, Hassan Nasrallah, le chef du parti chiite libanais Hezbollah, est devenu le symbole de la résistance contre l'État hébreu.


«Allah, Allah, donne la victoire à Hassan Nasrallah», «Nasrallah bien-aimé, détruis Tel-Aviv»... Des slogans récurrents lors des manifestations en faveur du Hezbollah, au Maroc, au Koweït ou en Jordanie, seul pays arabe, avec l'Égypte, à avoir signé un traité de paix avec Israël.

Au Liban, si de nombreuses personnes accusent Hassan Nasrallah d'avoir entraîné le pays dans une guerre qu'il ne voulait pas, beaucoup d'autres continuent de le soutenir, même au milieu des décombres.

«Il n'y a que Nasrallah qui se soucie de nous», estime Ali Rmeiti, dont toute la famille a été tuée dans un bombardement israélien dans la banlieue chiite de Beyrouth.

Hassan Nasrallah s'était déjà assuré une popularité certaine au Liban et dans le monde arabe lors du retrait israélien du Liban sud en mai 2000. Il est en effet considéré comme l'artisan de ce retrait effectué après 22 ans d'occupation.

Mais les admirateurs du chef du Hezbollah ont trouvé d'autres moyens pour lui rendre hommage que de manifester dans les rues.

Une petite Libanaise, née il y a deux semaines à Damas après la fuite de sa mère du Liban sud, a été prénommée «Promesse tenue», du nom donné par Nasrallah aux opérations du Hezbollah après la capture, le 12 juillet, de deux soldats israéliens à la frontière. Capture qui allait entraîner l'offensive israélienne.

«J'ai voulu l'appeler Al-Waad al-Sadek (Promesse tenue, en arabe) parce que Sayyed Hassan l'a réalisée. Il s'est engagé à vaincre Israël et il est en train de le faire», a déclaré la mère à l'AFP.

Plusieurs enfants mauritaniens portent désormais le nom du dirigeant chiite, selon la presse mauritanienne. À Nouakchott, des photographies de Nasrallah se distribuent par centaines. Ses interventions à la télévision sont religieusement suivies, faisant même diminuer le trafic routier dans la capitale.



En Afghanistan, où la population est majoritairement sunnite, le soutien à Nasrallah ne cesse de croître, tandis qu'au Bangladesh, un nouveau pont traversant un fleuve au sud de Dacca a reçu le nom du parti libanais.

«J'ai baptisé le pont Hezbollah en raison de notre amour pour le groupe de résistance libanais», a expliqué le ministre adjoint bangladais des Communications, Salahuddine Ahmed.

Les portraits de Nasrallah ont aussi fleuri dans les capitales européennes.

À Londres, de jeunes manifestants ont chanté «Nasrallah, détruis Tel-Aviv», tandis qu'à Vienne, des enfants se sont fait photographier à côté de portraits du leader chiite.

L'Espagne n'est pas en reste: le responsable de l'Union des communautés islamiques d'Espagne, Riay Tatary, est loin de condamner les activités de Nasrallah, estimant qu'il un leader «qui lutte pour libérer sa patrie».

En Allemagne, des portraits et des slogans comme «Nous te remercions» ou «Nous sommes fiers de toi» ont fait leur apparition lors de manifestations.

Dans la vieille ville de Jérusalem aussi résonnent des tubes à la gloire du leader chiite.

«Les Israéliens parleront de tes roquettes, génération après génération», chante un groupe palestinien dont le tube s'est vendu sous le manteau à des centaines d'exemplaires sur cassette ou CD, selon le propriétaire d'un magasin de disques.


Et pour Majed Abou Sbeih, propriétaire d'un magasin de tissus, «depuis quarante ans, les Arabes n'ont pas été capables de battre Israël. Nasrallah l'a fait».



Source: Cyberpresse






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