France (IQNA)- L'enseignement privé musulman peine à voir le jour

9:55 - September 02, 2006
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L'enseignement privé confessionnel, s'il est prospère côté catholique (95% du total) et, dans une moindre mesure, côté juif, peine à voir le jour chez les musulmans comme le démontre la saga administrative du collège de Décines, près de Lyon.
Le recteur de l'académie de Lyon Alain Morvan a en effet annoncé mercredi qu'il s'opposait à l'ouverture du collège-lycée musulman privé hors-contrat Al Kindi de Décines (Rhône) au terme d'une véritable saga administrative et en invoquant la démission du futur directeur de l'établissement.
De fait, si, les musulmans sont cinq millions en France, le nombre de leurs établissements privés confessionnels, en revanche, se comptent sur les doigts de la main.
Le recteur de la Grande Mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, s'en étonne en remarquant qu'il n'y a, en France, "qu'un seul lycée (ndlr: le lycée Averroès de Lille) pour 1.600 lieux de culte".
"Aujourd'hui la création d'un lycée pose autant de problèmes que ceux rencontrés lors de la construction de la Grande Mosquée", a-t-il ajouté.
Dans la région parisienne, où la communauté musulmane est nombreuse, il n'existe que le collège de la Réussite à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), ouvert en 2001 et qui compte 96 élèves (quatre classes de collège et une seconde).
Ce collège, dont le fondateur, l'imam Dhaou Meskine a sollicité le rectorat pour obtenir la convention d'Etat accordée au bout de cinq ans à certains établissements privés.
Le lycée musulman privé Averroès de Lille, le seul à ce jour à avoir ouvert en France, va compter "une petite centaine d'élèves" à la rentrée, contre 70 l'an passé. Le lycée, ouvert à la rentrée 2003, qui accueille ses élèves, selon son proviseur adjoint Makhlouf Mamèche "pour des raisons de proximité et en raison de la +question du foulard+" a dû "refuser des inscriptions en raison du manque de place".
A Marseille, autre région à forte concentration musulmane, il n'existe aucune école privée musulmane dans le second degré et une seule dans le primaire, l'école l'Olivier.
En revanche, selon le directeur diocésain de l'enseignement catholique à Marseille, Gérard Bastien, certains écoles catholiques comptent une majorité d'élèves musulmans, la proportion pouvant aller de 30 à 80% selon certains quartiers. "Les mamans musulmanes nous disent être poussées par un souci éducatif. Elles recherchent aussi un établissement où la dimension religieuse n'est pas évacuée", dit-il.
Ceci, remarque Haydar Demiryurek, secrétaire général du CFCM (Conseil français du culte musulman), "est valable pour toute la France".


Source: AFP
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