Tout en appelant au dialogue, Cheikh Qardaoui demande au pape de "présenter à la nation de l'islam des excuses après le préjudice causé", dans un communiqué.
"Le pape veut-il qu'on ferme les portes du dialogue et qu'on se prépare à de nouvelles croisades?", s'interroge cheikh Qardaoui, membre de la puissante confrérie des Frères musulmans.
"Ce n'est pas la première fois que le pape actuel adopte une attitude négative à l'égard de l'islam et des musulmans", poursuit cheikh Qardaoui, qui a été déchu de sa nationalité égyptienne et est titulaire de la nationalité qatari.
"Nous appelons à la paix parce que notre religion nous y ordonne, mais si la guerre nous est imposée, nous la livrerons à contrecoeur", ajoute cheikh Qardaoui, qui évoque aussi "la nouvelle croisade (...) déclarée par (le président américain George W.) Bush au nom de la droite chrétienne".
"Nous aurions souhaité que le pape appelle à un dialogue positif entre les religions (...) plutôt qu'à l'affrontement et au conflit", dit-il toutefois.
Pour lui, "qualifier la résistance (...) de violence ou de terrorisme est une injustice et une déformation des vérités". "Une certaine violence est légitimée par les religions et les lois, comme la résistance à l'occupation en Palestine, au Liban ou en Irak", déclare-t-il.
En visite mardi en Allemagne, le pape Benoît XVI avait implicitement dénoncé le rapport de l'islam à la violence, notamment concernant le "djihad", et son manque de lien avec la raison.
Le porte-parole du Vatican a souligné jeudi soir que Benoît XVI respectait l'islam, ajoutant qu'il avait "à coeur" de "rejeter les motivations religieuses de la violence".
Source: AFP