Paris (IQNA)- Les musulmans de France demandent des excuses à Benoît XVI

16:10 - September 16, 2006
Code de l'info: 1497386
La grande majorité des musulmans de France réclament des excuses au pape Benoît XVI, après ses propos sur l'islam et le Jihad, tandis que quelques uns insistent sur la poursuite du dialogue entre l'Eglise catholique et l'islam développé sous Jean Paul II.
Le secrétaire général de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF, considérée comme proche des Frères musulmans) Fouad Alaoui, également vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), a déclaré qu'"il y a une erreur qui a été faite, elle doit être corrigée. Benoît XVI doit s'excuser, doit corriger ses propos".

"L'Eglise toute entière ne doit pas soutenir de tels dérapages", a-t-il ajouté.

Réclamant lui aussi des "excuses", le porte-parole du Conseil régional du culte musulman (CRCM) de Provence-Alpes-Côte d'Azur Abderrahmane Ghoul a affirmé que "les propos du pape, premier des responsables de l'Eglise catholique et homme de culture, nous ont choqués. Car c'est un sujet très important, qui touche au sacré, il s'agit du prophète Mahomet et d'1,5 milliard de musulmans".

"Nous n'avions pas besoin de ce genre de propos dans un contexte sensible. On vient de sortir de l'affaire des caricatures, il y a eu le conflit du Liban, les récentes menaces d'Al-Qaïda. Nous, ici en Europe, on essaye de renforcer le dialogue inter-religieux. Ces propos vont nous faire entrer dans une polémique inutile", a-t-il poursuivi.

Le recteur UOIF de la mosquée de Lille-Sud, Amar Lasfar, a été plus véhément, voyant dans les propos de Benoît XVI sur l'islam et le jihad, traitant des rapports entre religion et violence, tenus mardi durant le voyage du pape en Allemagne, "une offense, une provocation haineuse".

"Cette déclaration, je ne la comprends pas. C'est une déclaration de guerre en quelque sorte pour l'islam et le monde musulman", a-t-il déclaré.

Pour le président du Conseil régional du culte musulman de Rhône Alpes, Azzedine Gaci (UOIF), "ce type de discours décrédibilise les responsables musulmans engagés dans le dialogue interreligieux, et légitime les discours radicaux de ceux qui tentent d'opposer nos différentes communautés".

"Cela risque d'avoir des répercussions sur les rencontres organisées dans les quartiers entre catholiques, musulmans et juifs, et le travail que nous faisons pour développer le vivre-ensemble", a regretté le recteur de la mosquée de Villeurbanne.

Cheikh Ahmed Jaballah (UOIF), tout en exprimant son mécontentement, a cependant insisté sur la nécessité de poursuivre le dialogue entre catholiques et musulmans.

"Nous avons le devoir et le droit de dire que nous ne sommes pas contents mais cela ne doit pas changer notre politique de dialogue", a dit l'imam lors de la prière du vendredi à la mosquée de La Courneuve (Seine-saint-Denis).

En appelant au "discernement" et à "la sagesse", le religieux a élargi son propos à la France, à quelques mois de l'élection présidentielle. "Aujourd'hui, dans un monde qui est traversé par des guerres, des confrontations, nous avons plutôt besoin de responsables, de leaders religieux mais aussi politiques, médiatiques qui doivent bien mesurer la responsabilité de la parole".

Et il a lancé un "appel": "On ne peut pas aujourd'hui réaliser des intérêts politiques ou médiatiques en accusant une communauté ou une autre".

Source: AFP


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