Caire (IQNA)- Propos du pape: la vague d'indignation perdure dans le monde musulman

16:48 - September 17, 2006
Code de l'info: 1497616
Les propos du pape sur l'islam ont continué samedi de provoquer l'indignation dans le monde musulman, même après les regrets de Benoît XVI, que les Frères musulmans égyptiens ont rejetés.
"Ce ne sont pas des excuses", a réagi un dirigeant des Frères musulmans, Abdel Moneim Aboul Foutouh, après l'intervention à Rome du Secrétaire d'Etat du Vatican, Tarcisio Bertone.
En début d'après-midi, ce dernier avait indiqué que le pape était "absolument désolé que certains passages de son discours (en Allemagne) aient pu paraître offensants pour la sensibilité des croyants musulmans".
"Le pape a commis une erreur, il doit reconnaître son erreur et s'excuser", a déclaré M. Aboul Foutouh.
Plus modéré, le secrétaire général du Front de l'action islamique (FAI), émanation des Frères musulmans en Jordanie, Zaki ben Rcheid a qualifié les regrets de Benoît XVI de "pas dans la bonne direction, mais insuffisants".
En Allemagne mardi, Benoît XVI a tenu des propos sur l'islam et le jihad traitant des rapports entre religion et violence, qui ont été condamnés dans le monde musulman.
Le Maroc a décidé samedi de rappeler en consultation son ambassadeur au Vatican. Le roi Mohammed VI, qui a le titre de "commandeur des croyants", a en outre adressé un message de protestation au pape.
De son côté, le cheikh d'al-Azhar, la plus haute autorité de l'islam sunnite dans le monde, a fait part de son indignation. Les propos du pape "traduisent une ignorance claire de l'islam et de son prophète", a déclaré Mohammed Sayyed Tantaoui, selon lequel cela ne contribuera "au renforcement du dialogue entre les religions et les civilisations".
L'Iran, pour sa part, a demandé au pape Benoît XVI de "corriger" ses propos, en les qualifiant de "grande erreur".
En Egypte, le ministre des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit a fait convoquer le chef de la mission du Vatican au Caire pour lui exprimer "les profonds regrets du gouvernement et du peuple égyptiens".
Dans les territoires palestiniens, les propos du pape ont provoqué des attaques contre des églises, sans faire de victime.

En Arabie saoudite, pays qui abrite des lieux saints de l'islam à La Mecque et Médine, le grand mufti cheikh Abdel Aziz al-Cheikh a jugé que les propos de Benoît XVI étaient un "mensonge", dans le quotidien Al-Riyadh.
Et dans une lettre adressée au Vatican, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal, a réclamé "une clarification urgente".
Le gouvernement koweïtien a fait également une demande en ce sens et convoqué le chargé d'affaires du Vatican, alors que le chef du parlement parlait de "grosse erreur".

L'église copte égyptienne, dont les membres (entre 4 et 7 millions) constituent la plus importante communauté chrétienne du Proche-Orient, a rejeté "toute atteinte aux symboles musulmans".
"Le pape (...) bat le tambour d'une nouvelle croisade", titrait en outre l'hebdomadaire égyptien d'opposition al-Ousboua.
A Amman, deux quotidiens, Al-Raï (gouvernemental) et Al-Destour, ont aussi exigé des excuses.
A Beyrouth, le quotidien l'Orient-Le Jour a averti que les propos du pape risquaient de "mettre en délicate posture les chrétiens d'Orient, qui tiennent autant à leur appartenance arabe (...) qu'à leur spécificité culturelle et spirituelle".

Source: AFP
captcha