Rome (IQNA)- Le Vatican lance une offensive diplomatique pour dépasser la crise

15:47 - September 18, 2006
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Le Vatican a lancé une offensive diplomatique lundi pour tenter de surmonter la crise avec le monde musulman mais une reprise du dialogue s'annonce difficile, les regrets publics du pape Benoît XVI n'ayant pas suffi à éteindre une polémique sans précédent.
Les nonces - ambassadeurs du Saint-Siège - ont été appelés à la rescousse pour expliquer aux autorités religieuses et politiques des pays musulmans les propos sur l'islam de Benoît XVI, a annoncé le numéro deux du Vatican, Mgr Tarcisio Bertone dans une interview au Corriere della Sera.
Le Vatican a demandé à ses ambassadeurs de "faire connaître le texte du Saint-Père pour valoriser les éléments ignorés jusqu'à présent", a souligné Mgr Bertone, affirmant que le texte avait été "lourdement manipulé".
Le discours prononcé par le pape mardi lors de son voyage en Allemagne, jugé insultant par le monde musulman, a été "transformé en quelque chose d'autre par rapport aux intentions du Saint-Père", a-t-il regretté.
Face au tollé soulevé par ses propos, le pape a pris l'initiative exceptionnelle dimanche de présenter ses regrets aux croyants musulmans, assurant que le bref passage de son discours qui a mis le feu aux poudres n'exprimait "en aucune manière" sa pensée personnelle.
Lors de son discours à l'Université de Ratisbonne, le pape avait cité un dialogue entre l'empereur byzantin Manuel II Paléologue (1350-1425) et un Persan musulman érudit sur le thème du rapport entre foi, raison et violence dans le christianisme et dans l'islam. Il a été compris comme liant implicitement l'islam à la violence.
Lundi, le numéro deux du Vatican a exprimé l'espoir d'une reprise du dialogue avec l'islam "conformément aux intentions du pape et de l'Eglise par le biais des représentants diplomatiques, des élites culturelles et du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux".
Mais la tâche s'annonce ardue car si les explications du pape ont commencé à être entendues, comme en Indonésie ou en Egypte, des réactions négatives ont continué à être enregistrées et la presse italienne ne se montrait guère optimiste.
La Malaisie, pays à majorité musulmane et qui préside l'Organisation de la conférence islamique (OCI), a jugé insuffisants les regrets du souverain pontife et souhaité des excuses tandis que le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei voyait dans les propos du pape le "dernier maillon" d'une croisade américano-sioniste contre l'islam.
Le responsable officiel des musulmans chinois a affirmé que Benoît XVI avait insulté "à la fois l'islam et le prophète Mahomet".


Source: AFP
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