La justice italienne a demandé en juillet l'extradition de 26 Américains, membres de la CIA, soupçonnés d'avoir organisé et participé à l'enlèvement de l'imam en 2003 à Milan, avec la complicité d'agents du SISMI.
L'audition de M. Pollari, qui a été placé sous enquête par le parquet cet été, a duré "plus de trois heures" dans "un climat très tendu", le chef du SISMI se "retranchant à plusieurs reprises derrière le secret d'Etat", a souligné l'Ansa.
"Des membres du service de renseignement militaire ont eu un comportement répréhensible d'un point de vue institutionnel, au-delà de leur éventuelle responsabilité pénale", a déclaré Massimo Brutti, vice-président du Comité parlementaire de contrôle des services secrets (COPACO), à l'issue de l'audition de M. Pollari.
"Il y a des zones d'ombre qui doivent être clarifiées", a estimé le président du COPACO, Claudio Scajola, précisant qu'il interrogera le gouvernement sur la question du "secret d'Etat" invoqué par M. Pollari.
L'ex-imam d'une mosquée de Milan (nord), Osama Mustafa Hassan, un Egyptien connu également sous le nom d'Abou Omar et soupçonné de terrorisme, a été enlevé le 17 février 2003 à Milan par un commando de la CIA puis transféré en Egypte.
Des aveux de plusieurs fonctionnaires du SISMI, rendus publics en juillet, confirment la collaboration de ce service avec la CIA dans l'enlèvement de l'imam, ce que l'ancien chef du gouvernement Silvio Berlusconi et le patron du SISMI, Nicolo Pollari, ont toujours démenti.
M. Pollari a toujours déclaré ne pas avoir été au courant de cet enlèvement et s'est retranché derrière le secret d'Etat lorsqu'il a été interrogé par les magistrats.
Selon la presse italienne, les jours de M. Pollari à la tête du SISMI sont comptés et le gouvernement pourrait nommer rapidement son successeur.
Source: AFP