IQNA-Mary Batoul Al-Taameh a consacré plus de trente ans de sa vie à accompagner les personnes qui embrassent l’islam au Royaume-Uni.
Selon muslim news, son engagement, né de sa propre expérience de conversion et des difficultés qu’elle a rencontrées, l’a conduite à créer des espaces d’écoute, de formation et de soutien destinés aux nouveaux musulmans.
Le 6 juillet 2026, son parcours a été récompensé par un Lifetime Achievement Award, décerné par le journal britannique Muslim News, en reconnaissance de plus de trois décennies de travail dans ce domaine.
Une conversion qui devient une vocation
Née en 1955 dans une famille catholique irlandaise pratiquante, Mary Batoul Al-Taameh a grandi dans la banlieue d’une ville avant de poursuivre ses études à Dublin. Dans les années 1970, elle y rencontre un groupe d’étudiants musulmans malaisiens. Elle est notamment marquée par leur comportement, leur sérénité et leurs liens sociaux. Elle participe pendant plusieurs années à leurs rencontres religieuses et échange avec eux sur l’islam.
Ces discussions l’amènent progressivement à trouver des réponses à ses interrogations. Elle découvre également une profonde proximité entre certaines valeurs auxquelles elle avait été éduquée et les enseignements de l’islam. Elle se convertit finalement à l’islam en 1979.
Cette conversion s’accompagne toutefois de tensions familiales et d’un sentiment d’isolement. Plutôt que de laisser ces difficultés définir son parcours, elle décide d’en faire une source de motivation pour aider d’autres nouveaux musulmans à ne pas affronter seuls les mêmes obstacles.
Vingt-cinq ans consacrés aux nouveaux musulmans
En 1993, Mary Batoul prend la direction du New Muslim Project de la Fondation islamique de Leicester, fonction qu’elle occupe jusqu’en 2018. Pendant vingt-cinq ans, elle accompagne des milliers de nouveaux musulmans en leur proposant des conseils pratiques, des formations et un soutien adapté à leurs besoins.
Elle fonde également et dirige la revue Meeting Point, conçue spécialement pour les nouveaux musulmans. Inspirée de l’idée de la Kaaba comme lieu de rassemblement spirituel des musulmans du monde entier, la publication propose des informations, des ressources et des messages d’encouragement. Elle est également distribuée pendant plus de vingt-cinq ans dans les prisons britanniques, notamment auprès de détenus ayant découvert l’islam durant leur incarcération.
Mary Batoul développe par ailleurs différents programmes éducatifs et rédige des ressources telles qu’un guide simplifié de la prière destiné aux débutants. Elle organise aussi des activités permettant aux nouveaux musulmans de créer des liens, notamment des retraites spirituelles annuelles durant le mois de Ramadan. Elle met enfin en place des groupes pour le Hajj et la Omra, considérant que ces voyages nécessitent un environnement rassurant et solidaire pour ceux qui découvrent encore leur nouvelle identité religieuse.
Une contribution qui dépasse l’accompagnement individuel
L’action de Mary Batoul Al-Taameh ne se limite pas au soutien direct des nouveaux musulmans. Elle participe également à des projets de recherche et de développement, notamment en collaboration avec l’Université de Cambridge, consacrés à la conversion à l’islam en milieu carcéral ainsi qu’aux besoins de réinsertion après la libération.
En 2019, elle fonde la New Muslim Foundation, une organisation nationale destinée à poursuivre et élargir ce travail à l’échelle du Royaume-Uni. La fondation cherche notamment à améliorer les pratiques des organisations qui accompagnent les nouveaux musulmans, à établir des standards, diffuser les bonnes pratiques, proposer des formations, développer les capacités des acteurs concernés et encourager la recherche et la coopération.
Le parcours de Mary Batoul illustre ainsi l’importance du soutien apporté aux personnes qui commencent une nouvelle étape de leur vie religieuse. Son engagement montre également que l’accompagnement des nouveaux musulmans ne repose pas seulement sur la transmission des connaissances religieuses, mais aussi sur l’écoute, le lien social et le sentiment d’appartenance.
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