"Nous sommes venus pour manifester contre le harcèlement de la police", a déclaré à la foule Al Amin Kimathi, président du Forum musulman des droits de l'Homme (MHRF), une organisation kényane.
"Nous demandons le démantèlement de l'unité anti-terroriste de la police et la libération des personnes illégalement détenues par l'unité anti-terroriste de la police", a-t-il ajouté.
"Deux femmes musulmanes ont été arrêtées la semaine dernière parce qu'elles passaient près de l'ambassade d'Israël" à Nairobi, a expliqué à l'AFP un manifestant, Jafar Wachira, 22 ans. Elles ont depuis été libérées, selon le MHRF et la police.
Un commerçant musulman a aussi été arrêté mardi à Nairobi, accusé de "complicité dans une tentative d'assassinat de hauts responsables somaliens" à Baïdoa (Somalie), selon le MHRF.
Le 18 septembre, 11 personnes ont été tuées à Baïdoa, siège des institutions politiques somaliennes, dans une attaque contre le convoi du président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed.
"L'unité anti-terroriste de la police (kényane) doit être démantelée et l'ambassade israélienne déplacée en dehors de Nairobi", a ajouté M. Wachira, estimant que "les musulmans sont traités comme des citoyens de seconde zone" au Kenya.
Le numéro 2 de la police à Nairobi, Lawrence Nwadime, a affirmé à la presse que "la police ne harcèle pas les musulmans" et a refusé de faire plus de commentaires, notamment sur l'arrestation présumée mardi d'un commerçant musulman de Nairobi.
Arrivés à quelques mètres du quartier général de la police à Nairobi, les manifestants, qui scandaient "Allah est grand", ont été bloqués par la police anti-émeute. Un gaz lacrymogène a été tiré.
La manifestation s'est ensuite dispersée dans le calme.
Le MHRF a appelé à un nouvelle manifestation vendredi prochain "en direction de l'ambassade d'Israël" à Nairobi.
Environ un tiers des 33 millions de Kényans sont de confession musulmane.
Source: AFP