Lors de cette rencontre, il a été inévitablement question des récents propos du pape Benoît XVI qui ont suscité la colère des musulmans partout dans le monde. Pour M. Bouamrane, ce genre de déclaration constitue une impasse pour le dialogue entre les deux grandes religions, à savoir l'islam et le christianisme. Le président du HCI a estimé que la non- reconnaissance de toutes les religions par les pays occidentaux ne peut en aucun cas amener les deux religions à dialoguer et à trouver un terrain d'entente, d'où, a-t-il souligné, l'importance de se connaître mutuellement et de concilier l'islam et le christianisme. Pour ce faire, il a appelé les chrétiens à connaître de prime abord le Coran, «comme nous, nous connaissons la Bible, et ce, tout en évitant toute polémique à propos du contenu de la Bible ou du Coran». Il a déclaré que «pour mieux se connaître, mieux dialoguer et mieux coopérer, il faudra éviter les débats de dogmes», précisant également que «le vrai dialogue doit en fait être cerné autour de la lutte contre le sous-développement, la misère, l'ignorance et l'injustice qui touchent les pays arabes, tels que la Palestine, l'Irak, le Liban et le Soudan».
Mgr Teissier est revenu à son tour sur les déclarations du pape, précisant que ce dernier a mis les deux religions dans des difficultés. Il a appelé à «la création d'un conseil qui manifeste la paix et le dynamisme spirituel». «Il y a un long chemin à parcourir [...], et je pense que les initiatives de la sorte vont se poursuivre», a déclaré l'archevêque d'Alger, ayant traité le thème de «Nouveaux éclairages sur le dialogue». Pour lui, si le conflit de la Palestine n'avait pas existé, les conflits ayant surgi un peu partout dans le monde n'auraient jamais existé, exhortant par la même occasion, le milieu chrétien à reconnaître les efforts accomplis par les musulmans, notamment ceux qui ont reçu le prix Nobel.
Afin d'aboutir à un vrai dialogue inter religieux, l'intervenant a appelé au combat pour la justice, à la lutte contre les préjugés, déclarant que «si nous voulons de ces combats, il faudra arriver à partager l'expérience spirituelle et multiplier les découvertes des personnalités symboles qui nous enrichira». De son côté, le représentant de l'église protestante, le révérend Johnson, a estimé que tout dialogue est infructueux s'il n'est pas basé sur des expériences, indiquant qu'auparavant «chacun sentait qu'il n'avait pas besoin d'autrui, voir même qu'il n'existait pas». «Aujourd'hui tout à changé.
On est plus efficace ensemble surtout dans le besoin et les catastrophes. Et c'est en se côtoyant qu'on apprend à se connaître et à apprécier les valeurs d'autrui». Il a suggéré aux musulmans et aux chrétiens de se serrer les coudes afin de faire régner la paix et la justice. Pour sa part, M. Saïd Chibane a qualifié le dialogue de début du changement, et a exhorté à la mobilisation afin de «vivre les valeurs universelles et à trouver les points communs».
Le débat s'est achevé sur des conclusions et des propositions invitant à chercher des actions tout en dépassant les gestes symboliques, joindre l'acte à la parole, corriger les erreurs et dire la vérité en toute courtoisie.
Source: allAfrica