Vatican (IQNA) - Benoît XVI condamne publiquement les abus sexuels commis par des prêtres

18:18 - October 29, 2006
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Le pape a durci le ton ce week-end face aux scandales pédophiles qui ont secoué l'Eglise en condamnant pour la première fois publiquement depuis le début de son pontificat les "crimes horribles" commis par des prêtres et en appelant à établir "toute la vérité" sur le passé.
Cette condamnation s'inscrit dans la lignée de la fin du pontificat de Jean Paul II, qui avait confié en 2001 à l'ancien cardinal Joseph Ratzinger la mission d'établir des normes plus sévères pour lutter contre la pédophilie, alors que l'Eglise était accusée de ne pas prendre au sérieux ces dérives, voire de chercher à les étouffer.
Benoît XVI a choisi de s'exprimer sur ce sujet samedi lors d'une visite au Vatican des évêques d'Irlande, un pays où les cas d'abus sexuels ont souvent défrayé la chronique ces dernières années.
"Vous avez eu à répondre (...) à de nombreux cas déchirants d'abus sexuels sur des mineurs. Ceux-ci sont encore plus tragiques quand ils sont commis par un religieux", a lancé Benoît XVI aux évêques.
Qualifiant ces abus de "crimes horribles", qui causent des "blessures profondes", le pape a aussi souligné "l'importance d'établir la vérité sur ce qui a eu lieu dans le passé" et "de prendre les mesures nécessaires" pour empêcher de tels actes dans l'avenir.
"Rebâtir la confiance là où elle a été trahie est une mission urgente", a ajouté Benoît XVI, qui a demandé aux évêques de "s'assurer que les principes de justice soient totalement respectés" et, "par-dessus tout", que les "blessures des victimes" soient "guéries".
Selon l'Eglise catholique d'Irlande, plus de cent prêtres et membres d'ordres religieux de l'archidiocèse de Dublin ont été accusés d'abus sexuels contre des enfants depuis 1940.
La commission gouvernementale mise en place en 2000 pour enquêter sur les abus commis entre 1936 et 1999 dans tout le pays avait reçu 5.300 plaintes en mars 2005.
Les affaires de prêtres pédophiles ont aussi fortement secoué l'Eglise américaine, où le clergé a dû payer des dizaines de millions de dollars pour dédommager les victimes ou éviter des poursuites judiciaires.
Le cardinal américain Bernard Law, accusé d'avoir couvert des scandales et protégé des prêtres pédophiles, avait été contraint à la démission de l'archevêché de Boston (Massachusetts) en décembre 2002.
Mais la polémique avait continué, car Bernard Law, aujourd'hui âgé de 74 ans, a obtenu depuis la nationalité vaticane et a été nommé archiprêtre de la basilique Sainte-Marie Majeure de Rome.
Pourtant, "Jean Paul II avait rompu avec la tradition séculaire d'étouffement de ces affaires et avait ignoré ceux qui lui conseillaient une prudence proche de l'omerta", rappelait dimanche La Repubblica.
Parmi les normes élaborées par l'ancien cardinal Joseph Ratzinger en 2001, figure notamment l'obligation pour les évêques d'informer la Congrégation pour la doctrine de la foi du Vatican, en cas de soupçons sur un religieux.
Après des années de polémique, le Vatican a également demandé en mai 2006 au fondateur des Légionnaires du Christ, le père mexicain Marcial Maciel, d'abandonner toute fonction au sein de cette congrégation ultra-conservatrice.
Mais compte tenu de son grand âge (85 ans), la Congrégation pour la doctrine de la foi avait renoncé à tout procès canonique.

Source: AFP
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