Ont pris part à cette cérémonie plusieurs personnalités argentines, dont l'ambassadeur Guillermo Oliveri, secrétaire d'Etat au culte, le député Jorge Arguello, président de la Commission des affaires étrangères du Congrès et Mgr Carlos Malfa, évêque de Chascomus (province de Buenos Aires) et président de la Commission épiscopale oecuménique et des relations avec les religions, ainsi que les chefs de mission de la plupart des pays musulmans accrédités à Buenos Aires.
Ce congrès se tient sous le thème «Amérique Latine et le Monde musulman : civilisation et culture» et dont les travaux se poursuivront jusqu'au 2 novembre au «Centre culturel islamique Roi Fahd» de la capitale argentine, avec la participation des présidents des centres et associations islamiques de 31 pays d'Amérique latine et des Caraïbes et de chercheurs et académiciens du monde arabe, d'Argentine, des Etats-Unis et d'Espagne. Il se fixe comme objectif de créer un environnement propice à l'établissement des bases solides pour un dialogue interreligieux et pour mieux faire connaître le véritable message de l'Islam en Amérique latine et aux Caraïbes.
Parmi les sujets qui seront abordés lors de cette rencontre figurent «Les droits humains en Islam», «L'Islam et les relations internationales», «L'Islam et les relations entre les individus et la société», «Le dialogue entre les civilisations», «La cohabitation entre les religions», «Les médias et l'actualité islamique en Amérique latine», des exemples de distorsion (terrorisme et fondamentalisme), les minorités musulmanes en Amérique latine et aux Caraïbes (histoire et immigration) et l'apport des immigrés arabes et des musulmans au développement des pays du sous-continent.
S'exprimant à la cérémonie d'ouverture du congrès, le vice-Président argentin s'est réjoui du choix porté par la Ligue islamique mondiale et l'Organisation islamique de l'Amérique latine et des Caraïbes sur son pays pour abriter cette importante rencontre. M. Scioli, qui est également président du sénat, a souligné que l'Argentine est un havre de tolérance religieuse et un «pont pour l'entente» entre les différentes cultures, appelant les peuples du monde à «vivre dans une profonde harmonie».
Par la même occasion, le secrétaire général de la «Rabita Al Alam Al Islami» a souligné les profondes racines de la présence islamique en Amérique et dans les Caraïbes, rappelant que les origines de cette présence remontent à il y a cinq siècles avec l'arrivée des andalous dans le nouveau monde en 1492. En mettant en avant l'apport des musulmans à la science, aux arts et à la littérature universelle, le Dr Al-Turki a affirmé que le rayonnement de l'Islam s'est étendu au continent américain et que l'expérience réussie de la cohabitation harmonieuse des musulmans dans le nouveau monde témoigne de leur capacité d'adaptation sans difficulté à un environnement non-islamique.
Cette cohabitation, a-t-il indiqué, fournit la preuve tangible sur les aspects positifs de la personnalité musulmane et sur la disposition des musulmans à servir avec dévouement la société à laquelle ils appartiennent, rappelant dans ce contexte, que l'objectif de la «Rabita» est de prendre soin des peuples et des minorités musulmanes de par le monde, en veillant à trouver des solutions aux problèmes afférant à leur foi et à leur identité civilisationnelle.
De son côté, le secrétaire d'Etat argentin au culte, Guillermo Oliveri, s'est réjoui de la tenue à Buenos Aires d'un «évènement de cette envergure», insistant sur la «cohabitation plurielle» qui constitue une «caractérise distinctive de l'Argentine», depuis son indépendance il y deux siècles, et dont les actuelles autorités ne cessent d'œuvrer à «consolider un climat d'harmonie sur le plan religieux».
A cet égard, M. Oliveri a souligné que le gouvernement argentin, en déclarant ce congrès d'intérêt pour le pays, se propose de contribuer à la préservation du noble legs historique de la communauté musulmane d'Argentine, insistant, à son tour, sur «les inestimables apports de la culture islamique à travers les temps, dans les domaines de l'astronomie, des mathématiques, de la physique, de la chimie, de la littérature, de l'architecture et des arts plastique, la géographie et l'histoire et la philosophie qui fut la première à mettre en rapport le monothéisme et la culture grecque».
«Pour les hispanophones, a poursuivi le responsable argentin, la langue castillane n'aurait pas la richesse dont elle fait étalage aujourd'hui, sans l'importante influence arabe héritées des royaumes musulmans d'Al Andalous».
Le diplomate a, par ailleurs, rappelé que l'immigration musulmane en Argentine, en majorité syro-libanaise, a commencé vers la moitié du 19e siècle, ajoutant que les estimation situent à environ 700.000 personnes le nombre actuel des musulmans argentins, dont 160.000 vivent dans la capitale fédérale et la province de Buenos Aires et le reste est réparti notamment entre les provinces de Cordoba, Mendoza, Tucuman et Santa Fe.
Intervenant au nom des présidents des centres et associations islamiques de 31 pays d'Amérique latine et des Caraïbes, le délégué vénézuélien, Ronaldo Figueroa, a plaidé pour «neutraliser la culture belliqueuse» et pour le dialogue entre les civilisations. M. Figueroa a proposé, au nom du gouvernement de son pays, de tenir le prochain congrès sur l'Islam au Venezuela.
Source: Le Matin.ma