Algérie (IQNA)-« Humanisme et islam » de Mohammed Arkoun

10:56 - December 10, 2006
Code de l'info: 1513195
Parler d’humanisme en islam semblerait un paradoxe pour tous ceux en Occident qui n’ont retenu ou ne veulent retenir que la facette hautement effarantes de l’islam jihadiste incarnée dans les attentats du 11 septembre.
Pour un penseur et historien de la pensée tel que Mohammed Arkoun, évoquer l’humanisme en islam s’impose pour entre autres, tenter une explication de l’extrémisme religieux dans la complexité de l’histoire de la pensée en situation de perplexité dans le champ de la mondialisation.
Mohamed Arkoun dans « Humanisme et islam » explique que le courant humaniste a bel et bien existé dans le monde musulman au 9ème et jusqu’au 13ème siècles grâce à une ère de liberté et des conditions de vie en communauté de diversités doctrinales permettant l’émergence de l’individu doté d’une raison critique, un courant qui s’est par la suite estompé suite à l’hégémonie de « l’orthodoxie dogmatique ».
Il cite des auteurs qui s’étaient inscrits dans le courants humanistes musulman comme Miskawayh, Al-Tawhidi, Al Farabi, Al-Ghazali, Ibn Sina, Al-Jahiz, Ibn Aqil…
L’histoire a montré donc que le texte coranique a laissé « ouvertes les options d’articulation actualisées du sens… tandis que les constructions théologiques et juridiques qui définissent les islams orthodoxes limitent les expansions humanistes de la pensée ».
Un chapitre est consacré au rôle des intellectuels et l’incontournable « droit de l’esprit » bafoué par des intellectuels sur-médiatisés. « L’intellectuel défend les droits de l’esprit en veillant au respect des conditions épistémologiques sociales et politiques d’exercice de la raison critique » .
Mais semble-t-il ce qui irrite le plus Mohammed Arkoun c’est le fait que l’islam fasse l’objet de tous les « bricolages » possibles et imaginables aussi bien par les Ulema « les gestionnaires du sacré » que par les « nouveaux penseurs de l’islam » apparus comme une génération spontanée à la faveur de la subversion du terrorisme et grâce à la « télétechnoscience », développant de « la pensée jetable qui est tous ces bricolages qu’on invente comme scorie autour de l’islam ».
Il regrette la mauvaise circulation du livre au Maghreb. Il raconte aussi le fait que ses propres livres restent boudés par les médias en Occident en citant le cas de « De Manhattan à Baghdad » et aussi « Humanisme et islam » .


Source: L'opinion
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