Suisse (IQNA)- Le minaret de la discorde

17:15 - December 12, 2006
Code de l'info: 1513852
Une cour régionale de justice suisse a confirmé un projet de construction d'un minaret dans la ville de Wangen (Nord).
Ce projet était devenu la pierre d'achoppement entre les musulmans et l'opposition politique de droite. La justice a tranché en faveur des musulmans. Mais face à la campagne haineuse contre la présence musulmane en Suisse, l'association a décidé de ne pas construire le minaret. Une gestion de l'islamophobie qui fait penser au cas de la France.

Ce vendredi 24 novembre, une dépêche de l'AFP a fait connaître la décision du tribunal administratif régional du Canton de Soleure. Appelé à se prononcer, le tribunal a indiqué que les plans visant à ajouter un minaret de six mètres (18 pieds) au centre de prières musulman, était conforme à la législation en cours.
Au mois d'août, c'est avec cinq voix pour et une abstention que le Conseil municipal de Wangen avait pris la décision de porter l'affaire devant les tribunaux. Les pétitions lancées et les démonstrations de force engagées contre le minaret n'ont pas eu raison du législateur. Au contraire de la pression islamophobe médiatisée, le juge a donné raison au citoyen musulman dans son aspiration à un lieu de culte digne, comme les autres religions du pays.


Le minaret en question est celui de la mosquée d'un centre culturel créé en 2003 par une association culturelle turque. La demande avait été acceptée par le législateur. Mais les partis politiques de droite s'étaient saisis du projet pour lancer une vaste campagne contre le bâtiment et son minaret au nom « des valeurs chrétiennes et des traditions suisses. » Ils soutenaient qu'un tel bâtiment, pourtant situé en zone industrielle, dénaturait l'image de leurs villes ou de leurs villages.

La Suisse compte uniquement deux mosquées avec minaret. L'une est à Genève (depuis 1978) et l'autre à Zurich (depuis 1963). Avec près de 340 000 musulmans sur une population de 7,4 millions d'habitants, l'islam est aujourd'hui la deuxième religion du pays (après le christianisme).
Face à la campagne menée par la droite politique et pour calmer les esprits, l'association culturelle porteuse du projet a choisi de surseoir à son plan de minaret. Une manière de faire profil bas, pour ne pas donner de gains à moudre au discours politique de la droite extrême.

Source : Saphirnet.info
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