Lors d'une interview accordée à PressTV, le président de l’Association pour le dialogue interreligieux au Liban, Sayed Ali Al-Sayed Qassem, estime que le véritable héritage du « Guide martyr », l’ayatollah Sayed Ali Khamenei, réside avant tout dans une école de pensée qui cherche à transformer la foi en un projet de civilisation. Selon lui, la religion ne doit pas être réduite à un ensemble de rites, mais devenir une force capable de former des générations conscientes, instruites et responsables face aux défis de leur époque.
Sayed Ali Al-Sayed Qassem, également membre de l’Académie mariale du Vatican et représentant du Conseil supérieur chiite du Liban, a expliqué que la valeur d’une personnalité historique ne se mesure pas à l’étendue de son pouvoir, mais à son influence sur la conscience collective. De son point de vue, le « Guide martyr » a laissé un héritage intellectuel et spirituel qui dépasse les frontières nationales et concerne l’ensemble de l’humanité.
Il a affirmé que cette vision repose sur une compréhension du religieux comme moteur de la dignité humaine, de la justice et de la lutte contre l’oppression. À cet égard, il a rappelé le verset coranique selon lequel les prophètes ont été envoyés avec les Écritures et la balance « afin que les hommes établissent la justice », considérant ce principe comme le fondement d’un véritable projet de société.
Selon lui, l’indépendance n’était pas, dans cette pensée, un simple slogan politique. Elle constituait une condition essentielle à la préservation de l’identité des peuples. Il a également souligné que la véritable puissance d’une nation commence par la formation d’individus possédant des connaissances scientifiques, une solide éthique et une profonde spiritualité.
Le responsable libanais a insisté sur la recherche d’un équilibre entre fidélité aux principes et ouverture au monde. À ses yeux, cette approche refuse aussi bien la logique de l’affrontement permanent que celle de la soumission, privilégiant des relations fondées sur la dignité et le respect mutuel.
Pour Sayed Ali Al-Sayed Qassem, le véritable héritage du « Guide martyr » ne réside donc pas dans ses prises de position circonstancielles, mais dans une école intellectuelle visant à faire de la foi un moteur de développement humain et civilisationnel. La portée durable de cet héritage sera, selon lui, évaluée non pas au nombre de livres ou de discours qui lui seront consacrés, mais à sa capacité à inspirer davantage de justice, de compassion et de persévérance dans les sociétés.
Évoquant la participation de délégations officielles, populaires et religieuses venues de nombreux pays aux cérémonies d’hommage organisées à Téhéran, il a estimé que cette présence dépassait largement le cadre protocolaire. Elle témoignerait, selon lui, de la reconnaissance internationale accordée aux personnalités ayant marqué l’histoire, qu’elles soient soutenues ou contestées.
Il considère que la valeur essentielle de cette mobilisation réside dans le fait qu’elle démontre que le dialogue et le respect réciproque demeurent possibles, même dans un contexte de profondes divergences politiques et idéologiques. Pour cette raison, il estime que ce type d’événement devrait être considéré comme une occasion de reconstruire des ponts entre les peuples plutôt que d’approfondir les divisions.
À ce propos, il a cité le verset coranique affirmant que les peuples et les tribus ont été créés afin de se connaître mutuellement. Selon lui, ce texte exprime un principe de civilisation qui dépasse les appartenances religieuses et les frontières géographiques, en faisant de la connaissance réciproque la base de la coexistence.
Le président de l’Association pour le dialogue interreligieux a également insisté sur le rôle qu’il attribue au « Guide martyr » dans le rapprochement entre les écoles juridiques de l’islam et dans la promotion du dialogue avec les autres religions. Il a déclaré que cette dimension mérite une attention particulière, car elle met en évidence l’aspect civilisationnel de son projet intellectuel.
D’après lui, cette approche considère la diversité comme une réalité universelle qui ne doit jamais servir de justification à l’hostilité ou à l’exclusion. Elle appelle au contraire à gérer les différences avec responsabilité, en donnant la priorité aux valeurs communes, tant islamiques qu’humaines. Il a rappelé que cette orientation s’est traduite par un soutien constant aux initiatives de rapprochement entre les musulmans ainsi qu’au dialogue avec les fidèles des autres religions sur la base du respect mutuel et de la dignité humaine.
Pour conclure, Sayed Ali Al-Sayed Qassem, fort de son expérience au sein des institutions de dialogue interreligieux et de l’Académie mariale du Vatican, a estimé que le monde ne pouvait plus supporter davantage de discours de haine. Il a plaidé pour l’émergence de responsables capables d’allier fidélité à leur identité et ouverture à l’humanité. Selon lui, le véritable dialogue n’implique pas de renoncer à ses convictions, mais de faire de la foi une source de miséricorde, de justice et de coopération. C’est, affirme-t-il, l’un des principaux enseignements de cet héritage : faire de la religion une force de construction de la civilisation et de service de l’humanité plutôt qu’un instrument de division.
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