Tunisie (IQNA)- Célébration du premier cinquantenaire de la Khaldounia par La Presse

13:40 - January 06, 2007
Code de l'info: 1517880
L'Institut d'Ibn Khaldoun, qui fonctionne encore aujourd'hui, avec le dynamisme que l'on sait, a eu des débuts retentissants, qui ouvrirent la voie à une renaissance intellectuelle, dont l'éclat dura depuis plus d'un demi-siècle en Tunisie.
«Il faut remonter, écrivait le regretté Mohamed Lasram, jusqu'aux premiers temps de l'Islam, à l'époque, déjà lointaine, où la civilisation arabe brillait du plus vif éclat, pour rencontrer des centres intellectuels présentant une certaine analogie avec celui qu'est la Khaldounia.
«Je me contenterais de citer l'université musulmane du Caire, qui, à l'aurore du XIe siècle, était installée dans l'aile nord du palais des Khalifes.
«Dans cette maison de la Science étaient enseignés le droit, la médecine, la philosophie, l'astronomie, la grammaire. On y discutait les problèmes les plus ardus de la métaphysique et de la morale. Dans la bibliothèque richement dotée de manuscrits précieux, l'encre et le papier étaient à la disposition du public pour lui permettre de prendre des copies.
«Seule de tous les pays, l'Egypte est restée un foyer de culture intellectuelle.
«Les Sciences, dit Ibn Khaldoun, florissaient jadis, dans les premiers temps de l'Islam, à Bagdad, à Cordoue, à Kairouan, à Bassorah, à Koufa, alors que ces villes jouissaient d'une prospérité aussi brillante qu'éphémère; elles ne seront plus cultivées, de nos jours, que dans la ville du Caire.
«Depuis l'époque où notre grand historien faisait cette remarque, c'est-à-dire depuis le XIIIe siècle, la décadence du monde musulman alla s'accentuant.
«L'étude des Sciences exactes fut délaissée au projet de l'enseignement scholastique et purement religieux. C'est seulement en 1895 que des cours de mathématiques, d'histoire, de géographie, jusque-là négligés, furent institués dans certaines mosquées du Caire.
«Une année plus tard, entrant dans la voie que nous avaient tracée les Egyptiens, nous fondions à Tunis la Khaldounia, où un enseignement portant sur les matières non professées à la Grande Mosquée est organisé avec les méthodes appropriées aux besoins des temps nouveaux - et l'Islam a toujours suivi l'évolution de l'Histoire».
Pendant dix ans, de 1896 à 1906, époque de la fondation de l'Association des anciens élèves du Collège Sadiki, les cours et conférences de littérature, d'histoire, de sciences mathématiques, physiques et naturelles se succédèrent, à un rythme continu, dans le vaste local du Souk des Parfums.
Les éléments conservateurs qui s'étaient, au commencement, opposés sourdement au mouvement intellectuel imprimé par la jeune société, se rallièrent peu à peu aux vues libérales de savants éminents comme feu Sidi Salem Bouhajeb, comme le regretté Béchir Sfar et tant d'autres.
La Khaldounia publia une très intéressante revue, en français et en arabe, destinée à faciliter les échanges franco-tunisiens et constitua une bibliothèque bilingue, remarquable, qui existe encore aujourd'hui.
Cette bibliothèque, qui contient plusieurs milliers de volumes et une centaine de manuscrits des plus précieux, est, aujourd'hui, à l'étroit. De nombreux lecteurs y viennent, chaque jour, puiser aux sources les plus vives un enseignement et une culture aussi divers que féconds.

Source:allafrica.com
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