Le comité arabo-américain anti-discrimination (ADC) a recensé près de 60 000 cas de discriminations depuis cinq ans.
Lena Alhusseini, la directrice du comité de soutien des familles musulmanes arabo-américaines, située à Brooklyn, estime que la situation s’est améliorée depuis cinq ans. Mais il y a toujours beaucoup d’incompréhension. Et de citer en exemple le cas d’un « sikh, pourtant non musulman, tué parce qu’il portait un turban sur la tête », ou le cas d’une « femme agressée dans la rue par quelqu’un qui lui arrachait son « hidjab ». Des associations, comme « The American civil liberties union », constatent également que des musulmans, de pays arabes ou d’Asie du sud, sont trop souvent détenus et interrogés par les officiers de sécurité des aéroports, sans raison autre que leur provenance ethnique.
La vie des musulmans a donc changé depuis le 11 septembre. Ce qui est le plus difficile pour l’imam de la grande mosquée de New York City, Omar Abu Namous, située non loin de Harlem, au nord de Manhattan, c’est la suspicion constante de certains Américains. « D’une certaine façon, les musulmans sont suspectés d’être contre ce pays mais nous ne sommes pas contre ce pays ! », s’insurge-t-il. Et il ne peut s’empêcher de rapporter cette anecdote qui l’a choqué. Deux semaines auparavant, la chaîne de télévision américaine CNBC est venue l’interviewer à la mosquée et ils lui ont demandé «pourquoi les musulmans veulent-ils détruire les Etats-Unis ? » Il était soufflé : « mais j’ai répondu, mais comment pourrions nous détruire un pays qui abrite 11 à 12 millions d’immigrants? Et surtout, je leur ai dit de faire la différence entre deux choses : les Etats-Unis en tant que pays et l’administration Bush ! » Des efforts de pédagogie semblent parfois nécessaires et l’imam le sait, c’est aussi son rôle d’expliquer les origines et les principes de sa religion.
Source : Colombia.News