Le procès des campagnes militaires Anfal, au cours desquelles 180.000 Kurdes ont été tués en Irak en 1987-1988 selon l'accusation, reprend lundi à Bagdad, sans Saddam Hussein, accusé de génocide dans cette affaire mais pendu le 30 décembre dans le cadre d'un autre procès.
Saddam a été condamné à mort par pendaison pour son rôle dans l'exécution de 148 villageois chiites dans les années 1980, en représailles à un attentat contre le convoi présidentiel en 1982 à Doujaïl, au nord de Bagdad.
De nombreux membres de la communauté kurde, au premier rang desquels le président irakien Jalal Talabani, avaient estimé que Saddam Hussein ne devrait pas être exécuté avant la fin du procès Anfal. "Il est important que cette exécution ne soit pas un prétexte pour ne pas dévoiler l'ampleur des crimes commis lors des opérations Anfal et à Halabja (...)", avait souligné le 30 décembre le président du Kurdistan autonome, Massoud Barzani.
Pour leur défense, les accusés expliquent que les campagnes Anfal au Kurdistan (nord) constituaient un exemple classique de lutte anti-guérilla, dans le cadre de la guerre Iran-Irak (1980-1988).
Par ailleurs, les autorités irakiennes n'ont pas officiellement fixé de date pour l'exécution des proches collaborateurs de Saddam Hussein, Barzan al-Tikriti et Awad al-Bandar, condamnés à mort en même temps que l'ex-président irakien pour leur responsabilité dans le massacre de 148 chiites dans les années 1980.
Source : AFP