Le procès contre un hebdomadaire indépendant marocain, qui avait publié en décembre un dossier sur les plaisanteries en vogue dans le pays, s'est ouvert lundi matin devant le tribunal de première instance de Casablanca.
La journaliste et Driss Ksikès, directeur de la publication, sont poursuivis pour "atteinte à la religion islamique" et "publication et distribution d'écrits contraires à la morale et aux moeurs".
Les plaisanteries mettaient en scène le prophète Mahomet, le roi Hassan II et son ministre de l'Intérieur Driss Basri, des islamistes ou des Marocains à la recherche d'une sexualité performante.
"Je suis consterné car nous avons fait un dossier reprenant en faisant un tri des blagues circulant dans la société marocaine", avait dit à l'AFP M. Ksikès ajoutant "c'est donc un procès de l'Etat contre la société".
Plusieurs journaux ont été lourdement condamnés en 2006 pour diffamation à des amendes et peines de prison avec sursis, à la suite de plaintes pour offense à des chefs d'Etat étrangers ou à la royauté.
Mais c'était la seule fois en 2006 que les autorités interdisaient de fait un journal en prohibant sa diffusion.
Source: AFP