L'intégration se passe plutôt bien, avec un respect de la liberté religieuse garantie par la Charte canadienne des droits et libertés.
Ces dernières années, toutefois, certaines pratiques religieuses ont donné lieu à de virulents débats. Au Québec, où l'Eglise catholique a longtemps eu la mainmise sur le système scolaire, les écoles n'ont été que récemment déconfessionnalisées.
Après le port du turban sikh, autorisé pour les policiers, on s'est interrogé sur le droit de porter un foulard islamique ou un kirpan, petit poignard faisant figure de symbole dans la religion sikh.
Une école qui avait interdit à une jeune musulmane de porter un foulard a été accusée de discrimination indirecte à son endroit, puisqu'on lui retirait ainsi le droit à l'éducation publique gratuite.
A Montréal, une autre école avait interdit à un adolescent de porter le kirpan : en mars 2006, la Cour suprême du Canada a fait valoir que l'interdiction d'avoir sur soi un poignard traditionnel "portait atteinte à la liberté de religion" de l'enfant de façon injustifiée, en le privant de son droit de fréquenter l'école publique. Même si le kirpan présente "incontestablement les caractéristiques d'une arme blanche", ont dit les juges, "il est avant tout un symbole religieux pour les Sikhs orthodoxes". Il est toutefois justifié de trouver un "accommodement raisonnable", ont-ils ajouté, en restreignant le port du kirpan, qui sera placé dans un fourreau cousu, caché sous les vêtements. La Cour suprême a rappelé que les tribunaux doivent permettre la plus large expression des sentiments religieux, mais à condition qu'ils n'entrent pas en conflit avec d'autres droits fondamentaux, et que les limites à la liberté religieuse doivent être fixées au cas par cas.
Source: Le monde