C'est un procès historique qui se tiendra les 7 et 8 février au tribunal correctionnel de Paris. La 17e chambre, réservée aux affaires de presse, devra juger si, oui ou non, l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo s'est rendu coupable en 2006 d' "injure publique à l'égard d'un groupe de personnes à raison de leur religion". Fait exceptionnel, le président du tribunal de grande instance, Jean-Claude Magendie, présidera en personne ce "procès des caricatures".
A la barre défileront une douzaine de témoins cités par Mes Georges Kiejman et Richard Malka, les avocats de Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo. Parmi eux, François Hollande, François Bayrou, le président de SOS-Racisme, Dominique Sopo, Elisabeth Badinter, Claude Lanzmann, Antoine Sfeir, Denis Jeambar, ancien directeur de la rédaction de L'Express, et Taslima Nasreen. Tous devraient apporter leur soutien à Philippe Val, assigné par Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman (CFCM), l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et la Ligue islamique mondiale, bras religieux de l'islam wahhabite saoudien.
Dans leur collimateur, trois dessins publiés le 8 février 2006: celui de Cabu imprimé en Une et deux des 12 caricatures danoises - des dessins qui, à l'époque, avaient également été publiés par L'Express, France -Soir et Le Monde. "Ces caricatures touchent les musulmans dans leur ensemble", estime Dalil Boubakeur, pour qui "il n'y a pas de différence entre la communauté musulmane de ce pays et le culte qui la représente".
Source: Le Vif