Russie (IQNA) - Le pèlerinage à vélo d'un Tchétchène à la Mecque

8:02 - February 02, 2007
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Il a affronté les hostiles soldats américains, qui ont endommagé sa bicyclette. Malgré tout, Djanar-Aliev Mahomed-Ali, un Tchétchène de 63 ans qui a fait le pèlerinage de la Mecque à vélo, est l'homme le plus heureux du monde.
Le vieil homme est rentré le 18 janvier à Ourous-Martan, sa ville natale, dévastée par la guerre, après un voyage d'un peu plus de deux mois.
Son pèlerinage, ou "hadj", à la ville sainte de la Mecque en Arabie saoudite qui son histoire témoigne de la détermination à toute épreuve de nombre de vieilles personnes de cette région ravagée du sud de la Russie, qui a été le théâtre d'un conflit armé avec Moscou et où survivre au jour le jour nécessitait souvent des efforts quasi-surhumains.
L'idée du périple lui est venue quand sa mère lui est apparue en rêve, raconte cet homme mince coiffé du couvre-chef en peau d'agneau, que les anciens portent dans cette région montagneuse à majorité musulmane.
"Elle m'a dit tu devrais faire le hadj, Mahomed-Ali . Quand je lui ai demandé comment je devais le faire, elle m'a répondu »tu as un vélo. Enfourche-le et je t'aiderai tout au long du voyage«, dit-il.
Mahomed-Ali s'entraîne d'abord, en faisant de courts périples à travers la Tchétchénie. Il s'équipe de 11 chaînes à vélo et de six chambres à air, achetées pour l'équivalent de 70 dollars (55 euros).
Parti le 8 novembre, il fait d'abord route vers l'Azerbaïdjan, où il campe hors de l'ambassade d'Arabie saoudite dans l'espoir de recevoir un visa. Là, il doit faire face à l'incrédulité des employés du consulat.
Au bout de 18 jours, il jette l'éponge et se dirige vers la frontière iranienne, puis vers l'Irak, où sévit "une terrible guerre". A son arrivée à Bagdad, Mahomed-Ali rencontre un groupe de soldats américains.
A la Mecque, il est bien reçu. Il fait des prières pour sa famille et sa patrie, puis repart.
Mais une chose est sûre : nul ne peut mettre en doute la détermination de ce vieil homme, qui raconte son aventure avec la passion des conteurs de cette région.
Il n'aime manifestement pas les dirigeants pro-russes de Tchétchénie. Son vélo, son "cheval de fer" comme il aime à l'appeler, est orné d'un emblème représentant un loup au clair de lune, le symbole des combattants indépendantistes de cette petite république du Caucase.
Tout au long de son voyage, même en Irak, il n'a pas eu peur, insiste-t-il. "Je n'ai eu peur que de Dieu et de ne pouvoir atteindre mon but", assure-t-il.
"J'ai fait le hadj pour accomplir le voeu de ma mère, qui m'a donné la vie et m'a enseigné l'amour pour ma patrie, qui est sans prix pour moi", conclut-il.

Source : AFP
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