Rabat (IANQ) - Rompre avec les graves atteintes aux droits de l'Homme

8:42 - February 02, 2007
Code de l'info: 1522976
Le Forum marocain Dignité pour les droits de l'Homme (FDDH), de sensibilité islamique, a appelé mardi à libérer tous les détenus politiques.
"Nous appelons à la libération de tous les détenus politiques", a affirmé lors d'une conférence de presse à Rabat, le président du FDDH, l'avocat Abdellatif Hatimi.
Il a précisé que le FDDH ne considère pas comme détenus politiques ceux poursuivis pour "des actes de violence et de terrorisme".
Il a présenté le 1er rapport annuel de son association, pour 2006, où figurent les noms de 25 détenus politiques arrêtés avant 1999 - date de l'intronisation du roi Mohammed VI - et de 14 autres incarcérés après cette date.
"Le plus grave, a regretté M. Hatimi, c'est qu'on renoue avec les douleurs des années de plomb (1960-1999) que le Maroc avait décidé d'enterrer. Et l'on renoue avec les mêmes méthodes", faisant allusion aux atteintes aux droits de l'homme sous le règne de Hassan II.
M. Hatimi s'était distingué au barreau de Rabat par sa défense des détenus islamistes, notamment ceux affiliés à l'association islamiste Al Adl Wal Ihssane (Justice et bienfaisance).
"Le FDDH se base sur le référentiel islamique qui élargit le champ des droits humains", a-t-il affirmé mardi.
Le rapport du FDDH qui enregistre au Maroc "des initiatives positives" en matière de droits de l'Homme en 2006, comme l'adoption d'une loi punissant la torture, relève que des cas d'enlèvements, de dépassements des délais de garde à vue et de torture ont été enregistrés, notamment dans les affaires de terrorisme.
"Couper avec le passé douloureux ne se fait pas uniquement au niveau des textes, cela requiert un changement des mentalités qui les appliquent", souligne le rapport.
Interrogé sur l'attitude du FDDH concernant l'abolition de la peine de mort réclamée par un collectif de sept ONG marocaines, M. Hatimi a plaidé pour "une démarche progressive". "On ne peut pas passer d'une dizaine de crimes passibles de la peine capitale à l'abolition pure et simple", a-t-il estimé.
"Le risque, c'est d'aller trop vite sur ce dossier", a ajouté M. Hatimi.
"Personnellement, je me demande pourquoi ne pas abolir la peine de mort, surtout que des lois marocaines promulguées après l'indépendance ont annulé des punitions inscrites dans la chariâ comme la lapidation ou le fait de fouetter les personnes coupables d'adultère", a-t-il dit.

Source: AFP
captcha