Charlie hebdo avait publié le 7 février 2006 les dix caricatures du Prophète provenant d'un quotidien danois qui avaient suscité des réactions passionnées.
La Mosquée de Paris poursuit l'hebdomadaire satirique pour deux de ces dix dessins, celui où le prophète accueille les terroristes au paradis en disant "stop, nous n'avons plus de vierges" et celui qui montre le prophète avec un turban en forme de bombe.
Lors d'un point presse à la Mosquée de Paris, le recteur, qui était en compagnie de son avocat, Me François Spizner, s'est défendu d'avoir une position intégriste. Il s'est dit favorable à la liberté d'expression et à la liberté de la presse mais estime qu'il faut faire la différence entre le délit d'opinion et la haine. "Ces caricatures sont une expression de l'islamophobie et l'islamophobie est un délit", a-t-il insisté.
Interrogé sur le fait de porter plainte contre Charlie Hebdo et pas contre France Soir qui avait également publié les caricatures, M. Boubakeur a répondu que France Soir était "dans sa mission d'information normale" alors que Charlie Hebdo était "dans la provocation". Selon lui, Charlie Hebdo, en publiant ces caricatures, cherchait à "heurter tous les musulmans, pas seulement les intégristes".
Me Spizner a souligné qu'"en ne contestant que deux des dix caricatures, on admet qu'on peut caricaturer le Prophète et que donc on n'est pas hostile à la liberté d'expression".
Le procès aura lieu mercredi à la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris. François Hollande et François Bayrou font partie des témoins cités par Charlie Hebdo.
Source : AFP