Pour un montant symbolique, une commune peut louer pour 99 ans un terrain à une organisation confessionnelle afin d’y construire un lieu de culte. Ainsi à Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, un terrain situé rue Paul-Vaillant-Couturier a été attribué à l’association Ennour par la municipalité pour un loyer d’un euro et, le 20 janvier 2007, la première pierre de la future mosquée a été posée.
Bien sûr, à la Mairie, on aime la laïcité et on assure que "même si notre Municipalité est laïque et ne finance pas la mosquée, notre démarche relève du mieux vivre ensemble, d’un respect mutuel et d’une égalité de traitement entre les habitants" (Gennevilliers magazine, janvier 2007).
Le maire Jacques Bourgoin (PCF), radieux dans le maniement de la truelle, était accompagné du sénateur Roland Muzeau (PCF) pour lancer la construction. Le panneau placé à l’entrée du terrain rappelait l’aide essentielle de la Mairie dans l’offre du terrain. Environ 400 personnes (d’après l’AFP, 20 janvier 2007) étaient venues assister à l’évènement, dont une très grande majorité d’hommes.
Si l’assistance était ravie de ce jour béni, si quelques "Allah akbar" ont salué la pose de la première pierre et la signature du bail, une observation moins bruyante mérite pourtant d’être notée : que ce soit avant la pluie ou après que l’assistance, trempée, se soit réfugiée dans le centre des Grésillons, les femmes se regroupaient systématiquement entre elles (dans les places assises ou debout) de façon à minimiser le mélange avec les hommes. La future mosquée, comme toutes les mosquées, pratiquera aussi cette séparation en réservant une salle de 500 places aux femmes.
Dans son discours enthousiaste, le Maire a placé l’offre du terrain dans la continuité de la mise en place d’un carré musulman dans le cimetière de la ville. Il n’a pas manqué de saluer la présence de représentants d’autres religions, preuve que la construction d’un nouveau lieu de culte, avec la participation de la municipalité.
Le rapport Machelon, réalisé sur mesure pour Nicolas Sarkozy, vise même à généraliser et étendre ces financements publics. Les musulmans sont évidemment libres d’édifier, à leurs frais, des lieux où entretenir des superstitions obsolètes.
source : fairelejour.org