Il constitue depuis le IIIe / IXe siècle un lieu privilégié par le pouvoir. C’est là qu’au VIIe / XIIIe siècle se sont installées les gouverneurs du calife almohade de Marrakech.
L’un d’eux, Abou Zakariya el-Hafsi, se proclamant indépendant, fait de Tunis sa capitale et procède à la reconstruction de la casbah.Celle-ci est dotée d’une mosquée « royale » dont le minaret, encore en debout, reprend l’ornementation des tours almohades de la mosquée de la casbah de Marrakech, de la tour Hassan à Rabat et de la Giralda de Séville.
La casbah de Tunis, défendue par de puissantes murailles, renferme le palais dans lequel le sultan réunit son conseil et donne ses audiences ainsi que sa résidence privée, les casernes pour sa garde et les soldats chargés de la défense de la place.
Il en est ainsi jusqu’à l’époque husseinite. Les souverains choisissent alors d’habiter à l’extérieur, au Dar el-Bey, juste aux pieds de la citadelle. Celle-ci n’a pas perdu pour autant son rôle militaire et sa valeur de symbole du pouvoir.
Occupée par l’armée française durant les Protectorat, elle est rasée au lendemain de l’Indépendance.Le nouvel Hôtel de Ville marque l’affirmation de l’autorité de l’Etat tunisien.
De part et d’autre de la citadelle et autour du Dar el-Bey, s’est développé, depuis le XIIIe-XIVe/XIXe siècle, un quartier administratif qui se distingue par l’homogénéité de son architecture de style arabisance.
Ce courant se définit comme un essai de « rapprocher les éléments respectifs de l’une dans le registre stylistique de l’autre ». De cette adaptation si originale de l’art islamique, Tunis – comme les grandes métropoles maghrébines – montre les plus belles œuvres, comme le Ministère des Finances (1892), le Ministère de la Défense Nationale (1894), le collège Sadiki (1897) et le Palais de Justice (1902).
Source : Tunis.com