Le syndicat des agents correctionnels provinciaux est d'accord, mais n'est pas fermé à un accommodement raisonnable. Quant au syndicat des agents fédéraux, il ne voit pas où est le problème.
Sondos Abdelatif, une musulmane de 19 ans qui suivait depuis une semaine une formation pour devenir agent correctionnel, s'est fait demander par ses supérieurs de la prison de Bordeaux de choisir entre son hidjab ou son emploi. La direction, appuyée par le syndicat, invoque une mesure de sécurité : un détenu enragé qui empoignerait son hidjab risquerait de l'étrangler.
Sarah Elgazzar, du Conseil canadien des relations islamo américaines, comprend les réticences des agents correctionnels. Mais le hidjab, dit-elle, peut être porté de plusieurs façons pour éviter ce danger d'étranglement.
Pour Michel Hubert, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, il est clair que le voile islamique, enroulé autour du cou, peut être dangereux pour l'agente. «Mais si on nous démontre que ça peut s'avérer conforme et sécuritaire, on ne s'opposera pas», dit-il.
La même ouverture ne se retrouve pas au ministère de la Sécurité publique du Québec, qui a répété hier la position émise mercredi. «Par mesure de sécurité, le voile ne peut être accepté dans l'uniforme des agents correctionnels», selon Réal Roussy, porte-parole du ministère.
Selon Mme Elgazzar, des policières musulmanes portent déjà le voile, tout comme des soldates des Forces armées canadiennes. Elle ajoute que le service de police d'Ottawa cherche même des façons d'encourager des musulmanes voilées à poser leur candidature pour travailler dans ses rangs.
Le Conseil des relations islamo américaines n'exclut pas de déposer une plainte pour discrimination à la Commission des droits de la personne du Québec. Mais Mme Elgazzar souhaiterait davantage trouver un terrain d'entente avec le ministère de la Sécurité publique. Si les raisons invoquées sont discutables, selon elle, elle ne croit pas que la musulmane a été exclue pour des motifs racistes. «Je crois plutôt que c'est de l'ignorance de gens qui ont peur de l'inconnu.»
Source : Cyberpress