Le décret du ministère de l’Intérieur qui permettait aux municipalités de créer des "zones rouges" pour les restaurants et bars "n’est pas conforme aux lois en vigueur" et pourrait "isoler" ces établissements en dehors de la vie urbaine, souligne le Conseil d’Etat.
La Cour a pris cette décision à la suite d’une pétition déposée par le barreau d’Ankara, qui avait estimé que le décret était contraire à l’intérêt public et ne pouvait apporter de nouvelles restrictions à celles en vigueur pour les permis d’alcool.
Le parti de la Justice et du Développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), au pouvoir, est régulièrement accusé de vouloir éroder les principes laïques. Peu après la publication du décret controversé en octobre 2005, plusieurs municipalités détenues par l’AKP ont tenté de transporter les bars à la lisière des villes dans le but de vouloir "protéger les jeunes des effets néfastes" de l’alcool.
Même si sur le plan juridique, les leveurs de coude semblent avoir obtenu gain de cause, l’AKP impose de fait depuis plusieurs années des interdictions dans plusieurs villes. Les maires d’Ankara et d’Istanbul, première métropole turque, ont interdit l’alcool dans les cafés et restaurants appartenant à leurs municipalités.
La Turquie est officiellement à 99% musulmane et l’islam interdit la consommation d’alcool mais la consommation et la vente d’alcool assortie d’une licence est tout à fait légale. Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan ne boit pas d’alcool pendant les repas officiels. Il trinque avec une coupe remplie de jus de fruit.
Source : Nouvelle d’arménie