Montréal (IQNA)-Alcool et islam, une relation controversée

10:01 - April 11, 2007
Code de l'info: 1535886
Le philosophe Marek Halter publie une surprenante Anthologie du vin et de l'ivresse en islam ( Le Seuil, 2004 ), et c’est réellement du rapport qu'entretiennent les musulmans avec l'alcool ?
Tolerance.ca® a posé la question à un expert, le professeur Laurence Michalak, de l'Université Berkeley.
Laurence Michalak s'intéresse en effet de près à ce thème. Il a, entre autres, écrit en 2002 un texte spécialisé intitulé Alcohol and Islam: Alcohol Consumption Among Tunisian Emigrants to France, et a effectué plus récemment une étude sur la consommation de l'alcool par les musulmans américains.
Rappelons d'abord quelques considérations générales. L'islam entretient un rapport ambivalent avec l'alcool, notamment pour ses résidents en Occident. La plupart des musulmans considèrent l'alcool comme formellement interdit par leur religion. Ainsi, les sourates 2:219, 4:43, 5:90 et 5:91 traitent de cette question, et toujours dans le sens négatif de son interdiction. Par exemple, la sourate 5:90 déclare ceci : « Ô vous qui croyez/ le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées et les flèches divinatoires sont une abomination et une œuvre du Démon/ Évitez-les… »
D'autres adeptes de l'islam, certainement minoritaires, pensent que l'islam, sans en recommander la consommation, permet l'absorption d'alcool, notamment une fois toutes les cinq prières quotidiennes complétées, ou encore qu'il ne condamne que la saoulerie et non le produit en tant que tel.
Cette variété d'opinions se reflète dans les politiques des États : si l'alcool est formellement interdit en Arabie saoudite, y compris pour les étrangers non musulmans, sa présence est bien tolérée au Maghreb, notamment en Algérie et au Maroc, qui sont même producteurs et exportateurs de vins.
Étudiant de près la révélation coranique, le professeur Michalak, qui a séjourné longuement durant sa carrière dans presque tous les pays arabes, mentionne que l'interdiction de l'alcool s'est faite de manière progressive aux premiers temps de l'islam.
Au début de la prophétie de Mahomet, affirme-t-il, l'alcool n'était pas interdit aux musulmans. La séquence des révélations semblerait plutôt indiquer qu'on a d'abord proclamé le bannissement de l'alcool lors des moments de prière pour en venir, plus tard, à une interdiction totale, l'alcool étant assimilé à un péché grave, passible d'une punition équivalant à 40 coups de fouet.

Source : Tolerance.ca®

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