Les formes des banques marocaines s’agissent des produits appelés musharaka, murabaha et ijara.
La Banque Centrale du Maroc avait soulevé l'idée d'autoriser des produits financiers islamiques il y a deux ans, en réponse à la multiplication des canaux bancaires illégaux qui échappaient à tout contrôle officiel. Ces dernières années, le gouvernement avait observé une montée des mouvements fondamentalistes proposant des prêts exempts d'intérêts et des formes alternatives de financement, en particulier pour le financement immobilier. L'attrait de ce type de financement réside dans le fait qu'il est censé être conforme à la Sharia islamique, qui interdit toute transaction financière porteuse d'intérêt.
Lors d'une conférence de presse donnée mardi 23 mars à Rabat, le Gouverneur de la Banque Centrale du Maroc, Abdellatif Jouahri, a indiqué que les produits de financement autorisés sont une réponse à la demande de citoyens qui préfèrent mener leurs transactions sans intérêt, et qu'ils permettront d'intégrer ces citoyens dans le système financier officiel. M. Jouahri a expliqué que les trois formes approuvées sont connues dans le monde entier et sont autorisées par les grandes banques européennes et américaines sous les appellations de "leasing" (ijara), "vente à profit" (murabaha) et "joint venture" (musharaka). Il a ajouté que ces formes de financement répondent aux normes édictées par les organisations islamiques mondiales spécialisées dans ce domaine, et que le Maroc respecte.
La Banque Centrale laisse à chaque banque la liberté de choisir la manière qu'elle jugera la mieux adaptée pour commercialiser ces produits, que ce soit par le biais de ses agences traditionnelles, ou par le truchement de filiales spécialisées. Les banques commerciales marocaines pourront mettre en place leurs propres filiales spécialisées en partenariat avec des organismes bancaires étrangers.
Dans une déclaration à Magharebia, Saadeddin Othmani, Secrétaire Général du Parti pour la Justice et le Développement, parti islamique modéré, a qualifié cette mesure de positive, car elle élargit la gamme des options de financement pour les citoyens et leur offre une plus grande liberté. "Cette mesure était attendue et nécessaire. L'économie marocaine ne pourra être compétitive si elle ne permet pas des méthodes de financement diverses et variées", a-t-il déclaré. "Nous ne pouvons être enfermés dans une seule méthode de financement. Si les pays européens et les banques européennes et américaines nous ont précédé pour autoriser des produits financiers tels que ceux-ci, je ne vois pas pourquoi les banques marocaines ont tant tardé à le faire."
Source : Magharabia