Cette rencontre parmi l’une des plus importantes en Europe réunit 150 000 musulmans en trois jours. Elle est organisée par l 'UOIF (Union des organisations islamiques de France). Cette année sera la 24 ème rencontre, elle s'est déroulée du 13 au 16 avril 2007. Sur l'affiche de la rencontre , de couleur sombre , se détache le mot musulman entourés des mots "fierté ,mémoires, identités" tandis que les termes " islamophobie , discrimination ,extrémismes" sont placés en bas de l' affiche .Se seront donc les thèmes déclinés lors du congrès qui s'ouvre .
LE PROGRAMME
Pendant ce congrès, diverses activités ont lieu .Le coté commercial de la rencontre côtoyant le coté intellectuel et spirituel. En effet plusieurs conférences sont à l'affiches Cheikh Abdallah Basfar, Malika Dif, Hani Ramadan, Hassan Iquioussen, etc.sont présents pour donner des conférences Les thèmes de l’identité musulmane, de l’extrémisme, de la discrimination dont sont victime la jeunesse musulmane sont traités. D'autre part des conférences théologiques ont lieu s’intéressant au contenu du message islamique. .Des veillées spirituelle, des chants religieux agrémentent les soirées de la rencontre du Bourget .De même, a lieu le 5eme concours de mémorisation du Coran.
En annexe de cette activité intellectuelle et spirituelle, les représentants de diverses associations peuvent, après avoir loué un emplacement présenté leur association .De même se trouve de nombreux stands qui mettent en vente des produits commerciaux comme des livres, des cassettes, des cours de langue, des vêtements. Il y a donc autour de la rencontre, d' une part par le nombre de visiteurs qui paient une entrée pour assister à la rencontre et d 'autre part par les locations multiples des emplacements pour les commerçants et les Cheikh Abdallah Basfar, Malika Dif, Hani Ramadan, Hassan Iquioussen, association ,un flux financiers non négligeable généré par la rencontre .A ce sujet la génération d 'argent produite par la rencontre peut poser problème dans le sens ou la rencontre peut devenir une affaire commerciale importante .
Une rencontre à la veille des élections présidentielles
Cette année, la date de la rencontre est fixée une semaine avant la date du premier tour des élections présidentielles et la rencontre est marquée par les préoccupations électorales du moment.
Invités, les candidats à la présidentielle Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou, Marie-George Buffet et Dominique Voynet n’ont pas donné suite quelques heures avant l'ouverture du congrès. Leur invitation devait être la "surprise " du samedi soir, mais aucun d’eux n’a fait le déplacement laissant le vice- président de l’UOIF, Fouad Alaoui, dépité et qui a dit : « Monsieur Sarkozy, en parlant des moutons égorgés dans la baignoire, vous nous avez fait mal ! Madame Royal, en assimilant les femmes voilées aux femmes violées ou battues, vous nous avez fait mal ! »Sarkosy étant le candidat pour l'UMP aux élections présidentielles, Royal étant la candidate pour le parti socialiste.
Cette absence des candidats à la présidentielle va de pair avec l'absence de débat sur la place et le rôle de l'islam en France dans la campagne électorale. Pour les candidats, une apparition aux côtés des musulmans de l'UOIF, réputés les plus revendicatifs d'un islam visible dans la société, aurait difficilement trouvé sa place dans ce contexte d 'ou leur absence.
Cependant t le président de l ' UOIF, a incité les musulmans a voter le 22 avril et le 6 mai .pour que le choix des musulmans compte et pèse.
L'UOIF ne donne aucune consigne de vote mais le discours de Alaoui, en invectivant les deux grands partis, c’est à dire le parti socialiste et l'UMP de Sarkosy , et en demandant de s ' éloigner de l 'extrême droite et de l' extrême gauche invite indirectement à voter pour le centriste de l'UDF : François Bayroux
Hani Ramadan, frère de l'intellectuel Tariq Ramadan et petit-fils de Hassan El Banna, fondateur des Frères musulmans égyptiens, alors qu'il était venu parler des causes de «la phobie de l'islam», qu'il attribue à l'histoire, à «l'impérialisme économico-politique», à «l'ignorance et l'incompréhension, a lui aussi appelé les musulmans à voter pour l'élection présidentielle, soulignant qu’«un bon musulman est nécessairement un bon citoyen, quelqu'un qui veut le bien de tous».
De même l’écrivain Malika Dif a appelé à «vote utile dès le premier tour, pour le meilleur ou pour le moins pire».
Donc si il n’y de la part de l 'UOIF une incitation à ce que les musulmans votent mais sans donner de consigne claire.
La communauté musulmane française forte de 6 millions d’individus dont un corps électoral estimé à 2 millions de personnes peut peser dans le choix électoral et ainsi affirmer sa présence .La première mesure consistant donc à ce que les musulmans se sentent impliqué et votent .Pourtant leur poids ne semblent pas être pris en compte sérieusement par les candidats .Ils sont ignorés.
Ainsi le silence du candidat UMP, Sarkosy, actif ministre de l intérieur et des cultes qui à organisé l installation en 2003 du Conseil français du Culte Musulman (CFCM)dont l'UOIF est membre .Son volontarisme de l'époque 2003 a laissé place a un désintérêt pour la communauté musulmane française .
Ses déclarations, sur TF1, le 5 février - "en France, (...) on n'égorge pas des moutons dans sa baignoire" - ainsi que son soutien au magazine Charlie-Hebdo lors du procès des caricatures du prophète Mohammad (SAWA), n'ont fait que renforcer ce sentiment.
La gauche, elle est marquée par une approche radicale sur la laïcité .Une des rares déclarations sur le thème de l'Islam en France est donnée par F;Bayroux qui déclare dans un entretien donné à la Croix qu'il est "légitime" de donner sa place à "une nouvelle famille (l'islam) quand elle arrive dans le village".
Les relations conflictuelles de l'UOIF et du CFCM
Le CFCM crée en 2003 à l'initiative de Nicolas Sarkosy, ministre des cultes pour représenter les musulmans de France est critiqué par l’UOIF qui lui reproche de n'être pas parvenu « à prendre le moindre élan ni à s'atteler de façon sérieuse à aucune des tâches qui lui incombent ».
Les tension entre l'UOIF et le CFCM sont à l'ordre du jour de cette 24 ème rencontre du Bourget .Neanmoins, Lhaj Thami Breze, président de l'UOIF, ne souhaite pas la dissolution du CFCM qui constitue un acquis majeur pour les musulmans de France .Au sein de l’UOIF, se trouve une branche plus ou moins fondamentaliste qui ne souhaite pas véritablement l’ union entre les différents courants de musulmans se trouvant en France .Ils ne sont pas disposés à la coopération visant l' unification .