Près de 61,5 millions d'électeurs devaient choisir leur futur parlement et le successeur du président Olusegun Obasanjo, au pouvoir depuis 1999, lors d'un scrutin annoncé comme historique car il débouchera sur la première transition civile à la tête du pays depuis l'indépendance en 1960.
Les résultats seront annoncés lundi selon le président de la commission électorale nationale (INEC) Maurice Iwu.
Grand favori, le candidat du PDP (parti au pouvoir), Umaru Yar'adua, 55 ans, gouverneur de l'Etat musulman de Katsina (nord) et adoubé par M. Obasanjo, s'est déclaré certain de gagner. Face à lui: le général Muhammadu Buhari, du All Nigeria Peoples Party (ANPP), et Atiku Abubakar qui, exclu du PDP, se présente sous les couleurs de l'Action Congress (AC).
"Ce gouvernement respecte la loi. Ce gouvernement pas plus que le PDP n'ont aucune raison de falsifier les résultats des élections", a tenu à déclarer le président sortant après avoir voté dans son Etat d'Ogun (sud-ouest).
Des Nigérians attendent pour voter le 21 avril 2007 à Abeokuta - AFP
Mais pour l'un des principaux candidats d'opposition, le vice-président Atiku Abubakar, ce scrutin est une "tragédie nationale" avec "intimidation, magouilles et faible participation".
Trois incidents graves ont alourdi un climat déjà tendu par des soupçons de fraude pesant sur ce scrutin à l'issue duquel les bureaux ont commencé à fermer les uns après les autres à partir de 16H00 GMT.
Malgré le report de deux heures de l'ouverture des bureaux, le vote a commencé avec beaucoup de retard, ou même n'a pas pu avoir lieu faute de matériel électoral dans de nombreux Etats, selon les témoignages recueillis par l'AFP.
L'élection en chifres et portraits des trois principaux candidats - AFP/Infographie
A Kaduna (nord), des observateurs de l'Union européenne (UE), ont jugé "carrément négatif" le déroulement des scrutins dans cette zone.
"Aucun bureau de vote n'a encore ouvert. Aucun bulletin de vote n'y a été distribué par la commission électorale", a déploré en milieu de journée Max Van den Berg, un député européen néerlandais.
A Kano, la grande ville du nord, des électeurs n'ont pas pu voter dans certains bureaux, faute de bulletins suffisants.
A Abeokuta, fief de M.Obasanjo, un journaliste nigérian a vu des voyous armés envahir un bureau de vote et s'emparer des urnes. Les urnes sont revenues plus tard, remplies.
A Lagos, vide de toute circulation et quadrillée par l'armée, les opérations de vote pour les législatives ont été suspendues dans certains bureaux car il manquait sur les bulletins des logos de partis et les noms de candidats de deux partis.
Source: Le courrier international