L'attentat le plus meurtrier a fait 10 morts et 20 blessés près de Mossoul (nord) où une voiture piégée a explosé à proximité du siège du Parti démocratique kurde, à Tal Isquf (30 km au nord de Mossoul), a indiqué le chargé de communication au parti, Abdoul Gani Ali.
A Bagdad, deux personnes ont été tuées et 10 blessées dans un attentat suicide près d'un restaurant où un kamikaze a déclenché sa ceinture d'explosifs, selon le ministère de l'Intérieur.
Ces attentats surviennent sur fond de polémique autour de la construction par les forces américaines d'un mur dans un quartier sunnite de Bagdad, censé protéger sa population contre les violences communautaires. Une initiative vivement critiquée par des habitants et des députés irakiens.
Le Premier ministre irakien, M. Nouri al Maliki qui s'est opposé à la construction du mur d'Adhamiyah, l'une des dernières enclaves sunnites dans l'est chiite de Bagdad.
Le but de la construction du mur d'Adhamiyah n'est pas d'isoler le quartier mais de le sécuriser, a précisé le Premier ministre irakien, ajoutant avoir demandé que d'autres moyens de protection d'Adhamiyah soient trouvés. Le 10 avril, les forces américaines ont commencé à ériger ce mur de 5 km. Selon l'armée américaine, il est destiné à empêcher d'éventuels escadrons de la mort chiites de commettre des attentats pour faire fuir les sunnites du quartier, mais aussi les insurgés sunnites d'utiliser cette poche comme base pour commettre des attaques dans les quartiers chiites.
Pour tenter de lutter contre la violence, l'armée américaine avait fait savoir dimanche qu'elle multipliait la construction, dans plusieurs zones de la capitale, de murs de protection dont le but n'est "pas de diviser la ville entre les différentes communautés".
A Bagdad, des parlementaires ont vivement critiqué ce mur, le député kurde Mahmoud Osmane y voyant "un signe évident que la politique des Etats-Unis et de notre gouvernement a échoué à assurer la sécurité".
D'autres l'ont comparé à l'ancien Mur de Berlin, construction de 155 km de long qui a isolé pendant 28 ans l'enclave de Berlin-ouest du territoire de la RDA. Une référence à laquelle M. Maliki semble aussi avoir fait allusion, en déclarant que le mur d'Adhamiyah rappelait "d'autres murs par le passé".
Source : IINA