La création en Allemagne d'un conseil plus ou moins représentatif des musulmans du pays est le nouvel exemple des efforts déployés pour organiser l'islam en Europe et trouver des interlocuteurs auprès des autorités.
La France, qui compte de loin la plus grosse communauté musulmane avec près de cinq millions de fidèles, essentiellement maghrébins, a été l'une des premières à s'y atteler.
Le Conseil français du culte musulman (CFCM), initié en 1999 sous un gouvernement de gauche, a finalement vu le jour en 2003, alors que Nicolas Sarkozy, candidat de la droite à l'élection présidentielle française, était ministre de l'Intérieur.
Lieu de débats, le CFCM est censé coordonner la construction de mosquées, l'organisation des fêtes religieuses et la formation des imams.
La Grande-Bretagne, qui compte 1,6 million de musulmans, majoritairement pakistanais et du Bangladesh, compte comme principale organisation représentative le Conseil des musulmans de Grande-Bretagne (MCB).
Créé en 1997, il représente aujourd'hui 350 organisations et mosquées dans le Royaume-Uni. Modéré dans ses principes, il affirme représenter les citoyens britanniques de confession musulmane et l'un de ses principaux objectifs est de lutter contre l'islamophobie dans le pays.
Le MCB intervient largement dans le débat public en Grande-Bretagne, que ce soit sur l'intervention en Irak ou les attentats de Londres (7 juillet 2005, 56 morts) qu'il a dénoncés. Il a également été associé au groupe de travail charger de conseiller le gouvernement dans sa lutte contre l'extrémisme islamique.
L'Italie, qui compte 1,2 million de fidèles, a mis en place en novembre 2005 un Conseil consultatif musulman, composé de seize membres, issus d'associations ou simples représentants de la société civile, et dont l'objectif principal est de contribuer à "résoudre les problèmes d'intégration dans la société italienne".
Ce conseil, qui siège auprès du ministère de l'Intérieur, est "un organisme purement consultatif", qui rassemble "les voix les plus significatives de la réalité multiforme de l'islam italien", selon Rome.
Au Danemark, qui compte environ 200.000 musulmans, soit près de 3% de la population, la crise des caricatures de Mahomet a sonné l'alarme.
La Suède, qui a une importante communauté de réfugiés irakiens, compte un Conseil islamique de coopération, qui regroupe différentes tendances et représente les musulmans auprès des autorités.
Aux Pays-Bas comme en Espagne, les musulmans sont représentés par différentes organisations dispersées qui sont plutôt des forums de discussion.
Source: AFP