Les résultats du premier tour des élections présidentielles en France témoignent de la popularité de Nicolas Sarkozy auprès des électeurs franco-israéliens. 82 % ont voté pour lui. A la veille du second tour des élections, le candidat UMP a tenu à partager sa vision de la France, de l’Europe et du Moyen-Orient, par le biais du Jérusalem Post, édition française.
-Vous avez, en Europe et ailleurs dans le monde, l’image d’un homme de droite aux positions sécuritaires et libérales, sans oublier votre "atlantisme", pro-israélien et pro-américain qui plaît beaucoup aux Franco-israéliens, mais moins à la gauche européenne. Jugez-vous cette perception fidèle et juste ?
– Eh bien, dites-moi, je vois que vous n’avez rien oublié. Il y a là la liste complète des traits les plus caricaturaux généralement utilisés par tous ceux qui, en général, ne sont pas très bien intentionnés à mon égard. Cette perception n’est évidemment ni fidèle ni juste. J’ai voulu être le candidat d’une droite républicaine enfin décomplexée de ne pas être la gauche, d’une droite sûre de ses valeurs : le travail, l’autorité, la primauté de la victime sur les délinquants, l’effort, le mérite, le rejet de l’assistanat, de l’égalitarisme et du nivellement par le bas. Cela fait-il de moi un homme de la droite dure ? Dans le cadre de mes responsabilités ministérielles, je me suis employé à combattre et à faire reculer une insécurité qui avait littéralement explosé sous le gouvernement de gauche de Lionel Jospin. J’ai obtenu des résultats significatifs et j’estime qu’ils devront être confortés demain par une amélioration de l’ensemble du fonctionnement de la chaîne pénale, en particulier, pour mieux lutter contre la récidive et le sentiment d’impunité des mineurs multirécidivistes. Cela fait-il de moi un homme aux positions sécuritaires ?
Je suis viscéralement attaché à l’indépendance de la France et de l’Europe vis-à-vis de quelque puissance que ce soit. Et je déplore que l’Union européenne ne fasse pas preuve de davantage d’unité, de réalisme et d’autonomie dans ses relations économiques et commerciales avec les autres régions du monde, comme dans sa politique étrangère et de défense. Je ne vois pas là d’incompatibilité avec le fait de considérer les Etats-Unis comme une grande démocratie avec laquelle nous avons beaucoup de valeurs communes et des liens historiques indéfectibles. Pas plus que je ne vois d’incompatibilité entre la reconnaissance du droit des Palestiniens à disposer d’un Etat viable et le fait de considérer la sécurité d’Israël comme non négociable. Cela fait-il de moi un "atlantiste", un "pro-Israélien" et un "pro-Américain" ? C’est une lecture qui, à tout le moins, manque de la plus élémentaire subtilité. La vérité, c’est que ceux qui disent cela sont des anti- autres.Israéliens et des anti-Américains.
– Pouvez-vous dresser un bilan et une prospective pour le futur de l’institution du Conseil français du culte musulman et du dialogue entre le gouvernement français et le chef du conseil, Dalil Boubaker ?
– Je me suis effectivement beaucoup impliqué dans la création du CFCM, l’instance représentative des musulmans de France et de ses prolongements régionaux que sont les 25 CRCM. Pourquoi ? Parce que je préfère un islam de France, en phase avec les valeurs et les règles de notre République, à un islam en France, qui resterait soumis à des influences étrangères. Le CFCM rassemble les différents courants de pensée des musulmans et permet qu’un dialogue s’instaure entre eux, mais aussi, bien sûr, avec les pouvoirs publics et les autres composantes de la société française. Concrètement, le CFCM s’occupe de la construction de mosquées, de la gestion des carrés musulmans dans les cimetières, de l’organisation des fêtes religieuses, de la nomination des aumôniers dans les hôpitaux, les lycées et les prisons, mais aussi de la formation des imams. Le bilan du CFCM depuis sa création en 2003 est, pour moi, positif et encourageant. D’ailleurs, je suis persuadé qu’à l’avenir, aucun gouvernement, quel qu’il soit, ne remettra en cause l’existence du CFCM et ses finalités.
Il faut préciser qu’à la fin de cet interview, Nicolas Sarkozy, a dit « Je défends le droit d’Israël à se protéger »
Source: Jerusalem Post en français