Le port du hidjab est toujours formellement interdit à la Fédération québécoise de taekwondo. «Nous n'avons jamais pensé faire marche arrière», dit Jean Faucher, de la Fédération québécoise de taekwondo.
Celui-ci a été surpris de lire dans La Presse que la Fédération mondiale de taekwondo, à laquelle il est affilié, permettrait le port du hidjab lors des compétitions.
C'est plutôt la Fédération internationale de taekwondo qui a fait une telle annonce, une entité complètement à part de la sienne.
Le club des cinq jeunes musulmanes qui ont été exclues d'un tournoi à Longueuil en avril fait partie de la Fédération québécoise de taekwondo, membre de la Fédération mondiale de taekwondo.
Elles ne pourront donc par porter le voile islamique lors du prochain tournoi.
«Les deux fédérations sont totalement différentes, explique M. Faucher. Nous avons des règlements complètement différents, beaucoup plus sévères.»
Seule la Fédération mondiale est reconnue par le Comité international olympique et par les deux paliers gouvernementaux québécois et canadien.
Le club de taekwondo, dont font partie les jeunes musulmanes, confirme l'information. «Nous sommes affiliés à la Fédération québécoise de taekwondo depuis plusieurs années», dit l'entraîneur, Mahdi Sbeiti.
La Fédération québécoise de taekwondo laisse toutefois la porte entrouverte aux changements.
À la demande du Centre communautaire musulman de Montréal, elle a fait parvenir une demande au début de mai au siège social de la Fédération mondiale de taekwondo, en Corée du Sud, pour lui demander d'étudier la question du voile islamique.
«Mais pour l'instant, on ne fait pas d'accommodement, ça, c'est sûr», dit M. Faucher.
Aucune des quatre Québécoises qui se rendront en Chine pour le prochain Championnat mondial de taekwondo féminin du 18 au 22 mai n'est musulmane.
Si elles l'avaient été, «le port du voile aurait été interdit», réitère M. Faucher.
Or, les représentants des pays musulmans en compétition auront tout à fait le droit de porter un voile sportif sous leur casque, selon l'entraîneur musulman Mahdi Sbeiti.
«Les compétitions internationales l'ont toujours permis et ça sera encore comme ça en Chine», souligne-t-il.
Source : Canoe info