Mais pour Farhad Afshar, initiateur du centre islamique, le problème est ailleurs.
L'initiative populaire contre la construction des minarets «met la sécurité des Suisses en danger», a déclaré lundi à Genève la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey, devant la presse internationale. Ce qui a mis de l'huile sur le feu, c'est une fausse information diffusée sur le site internent de la chaîne de TV qatarie Al-Jazira. Le plus important média du monde musulman a prétendu que des extrémistes suisses veulent interdire la construction de mosquées.
Des internautes ont évoqué un éventuel boycott des banques helvétiques si l'initiative passe. Mais pour Farhad Afshar, initiateur du centre islamique projeté à Berne et représentant musulman au Conseil suisse des religions: «Ces réactions sont individuelles et n'émanent d'aucune organisation politique. Pour le moment, c'est anecdotique». Farhad Afshar minimise l'impact de la fausse information véhiculée par Al-Jazira, la CNN arabe: «Contrairement au gouvernement danois dans l'affaire des caricatures de Mahomet, le Conseil fédéral ne soutient pas l'initiative».
«Ces réactions sont individuelles et n'émanent d'aucune organisation politique. Pour le moment, c'est anecdotique»
Si ce dignitaire ne craint rien, c'est qu'il ne donne aucune chance à une initiative jugée anticonstitutionnelle: «La liberté religieuse est garantie et cette initiative ne peut pas être soumise en votation». Et Farhad Afshar de s'interroger: «Comment interdire les minarets et pas les tours et les coupoles sans discriminer une religion et enfreindre la neutralité?». Si l'initiative récolte les signatures nécessaires et si le parlement la déclare valable, ce dignitaire lui promet un échec en votation: «La population est attachée au mélange des cultures».
Les initiants rassemblés autour du conseiller national Ulrich Schlüer perçoivent les minarets comme «un symbole politique de conquête». Mais pour sauver leur symbole sacré, les musulmans sont prêts à porter l'affaire à Bruxelles et à Strasbourg: «L'initiative combattue par les Eglises est contraire au droit international de l'ONU, du Conseil de L'Europe et des Droits de l'Homme. En l'acceptant, la Suisse s'exposerait à de gros problèmes».
Source: Le matin