Article (IQNA) - De la contradiction dans la dynamique musulmane en France

14:59 - May 29, 2007
Code de l'info: 1548275
Dans le cadre du Forum Social des Quartiers Populaires qui aura lieu en Juin prochain, nous voulons poser la question des perspectives de la dynamique musulmane en France et de ses implications sociales et politiques.
En effet, au-delà des débats sur la nature et l’origine des religions quant à leur nature humaine ou divine, on ne peut pas ignorer le rôle et l’impact de ces dernières sur les sociétés et leurs devenirs.
Le regard porté en général sur les religions en France est conditionné par l’histoire spécifique de ce pays, de sa lutte pour la laïcité et contre la domination de l’Eglise Catholique qui fut l’un des principaux soutient à la monarchie pendant des siècles. Le passé colonial et, plus loin encore, le passé esclavagiste et les croisades ont forgé des représentations et une attitude de rejet vis-à-vis de leurs descendants les « Islamistes».
Ce regard est singulier car lorsqu’il s’agit des autres religions, nous assistons à des jugements beaucoup plus nuancés, conciliants et parfois même admiratifs. Lorsqu’on évoque la critique de la religion devient dans la bouche des détracteurs de l’Islam et des musulmans, compréhension, approbation lorsque ce n’est pas enthousiasme.
Aujourd’hui, les responsables politiques français tentent de redéfinir l’identité nationale et même occidentale, en opposition avec l’Islam. Les musulmans sont considérés non comme des citoyens à part entière mais comme des citoyens entièrement à part, dont la loyauté est systématiquement mise en doute. Le musulman est devenu la nouvelle figure de « l’ennemi intérieur », le symbole de l’anti-France.
Certaines des critiques formulées à l’encontre des musulmans sont justifiées au regard de certaines pratiques traditionnelles, antéislamiques, attribuées à l’Islam, justifiées parfois par des lectures figées, littéralistes des textes de référence, renforcées par un accaparement du pouvoir et une instrumentalisation des savants de l’Islam.
La mise en cause de la Choura dès les premières décennies de l’Islam et l’instauration du système dynastique qui ont usurpé le pouvoir durant treize siècles, ont conditionné les musulmans dans une culture peu ou anti-démocratique ; culture dont le colonialisme puis nos « dictateurs libérateurs » ont pris la relève afin de perpétuer les vases communicants en terme de dominations dont les pauvres et les femmes ont payé le prix fort et continuent d’être les principales victimes.
Ainsi, dès les premiers siècles de l’Islam, s’opposèrent deux lectures de la religion musulmane radicalement différentes :
Un « Islam des dominants » qui représentait la volonté d’imposer un Khalife et l’idéologie qu’élaborèrent et soutinrent les « oulémas du palais ». Dans cette perspective, l’Islam fut « instrumentalisé » par les pouvoirs et échappa aux masses musulmanes.
Un « Islam des dominés » qui représentait une volonté de délégitimer le pouvoir injuste et l’idéologie qui le soutenait. Défendu par des oulémas indépendants des pouvoirs en place, porteurs des idéaux des opprimés, cet Islam se voulait le vecteur de la contestation sociale et du désir de justice.

Source: Oumma.com
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