Espagne (IQNA)- Islam et intégration en Espagne

9:17 - May 28, 2007
Code de l'info: 1549080
Lavapiés est un vieux quartier du centre de Madrid : 33 000 habitants, 88 nationalités recensées et une très nombreuse population marocaine, qui est musulmane.
Tous tiennent à souligner que l'islam ne se résume pas aux actes d'Al-Qaida et que les musulmans sont des citoyens comme les autres. Les musulmans marocains, algériens, sénégalais, on est comme les autres."
Pour Ahmed Sefiani, présentateur de télévision sur la chaîne andalouse Canal Sur, "Lavapiés est un cadre spécifique, un lieu de marginalisation de tous les immigrés, qui se retrouvent entre eux, tendant à y exacerber le racisme". Un racisme latent dans la société espagnole, qui avait atteint son apogée en février 2000, lors des émeutes antimarocaines de la petite ville andalouse d'El Ejido.
Mais la xénophobie est loin de représenter la normalité espagnole. Mais il faut préciser que les relations de l'islam avec les communautés juive ou chrétienne se sont toujours bien passées et, "de toute façon, la communauté la plus répandue en Espagne est celle des athées !". Un constat que dément pourtant une enquête récente du Centre public de recherches sociologiques espagnol (CIS), selon laquelle 79,4 % des Espagnols se disent catholiques, dont 47,7 % pratiquants.
Sur de nombreux points, la situation des musulmans d'Espagne est comparable à celle des musulmans français ou hollandais. Un exemple ? L'affaire du voile, qui a engendré tant de polémiques en France, a également ébranlé l'Espagne. En 2002, la direction d'un lycée privé madrilène s'était opposée au port du voile en classe par une Marocaine de 13 ans, qui a simplement été transférée dans une école publique. La ministre de l'Education Pilar del Castillo avait à l'époque estimé que, si l'exhibition de signes religieux dans les écoles n'était pas "appropriée", ils ne devaient pas pour autant être interdits. Une position en demi-teinte à l'image d'un pays qui hésite, qui s'est senti trahi après le 11 mars 2004 et qui a désormais peur d'accueillir ceux qui pourraient à l'avenir mettre en péril sa sécurité.

Source: Courrier international
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