Le Parti de la Justice et du Développement du 1er ministre Recep Tayyip Erdogan, qui gouverne actuellement, avait choisi le numéro 2, Abdallah Gul, ministre des Affaires Etrangères comme candidat à la présidence.
La Turquie a déjà eu à 2 reprises un 1er ministre venant d'un parti islamique.
En Turquie, le président a un rôle important. Certaines actions passées préoccupent les laïcs, notamment les entretiens avec le chef du Hamas, Khaled Meshaal, au siège de son parti à Ankara, en 2006.
Erdogan qu’il y a 16 ans, remplacé l'imam à la mosquée pour réciter des prières, pour les naissances ou pour organiser le rituel des décès avait dit "Grâce à Dieux , je suis un serviteur de la Sharia'h (loi islamique) et nous transformerons nos écoles en madrassas (école coranique)" La montée en puissance politique du Parti Justice et Développement est le résultat des changements socio-économiques du pays. Pour encourager la modernité et le développement, Ataturk a fait du pays un état centralisé. Et le centre a souvent oublié la périphérie anatolienne, y compris les petites et moyennes entreprises souvent dirigées par de pieux musulmans. Durant les années 80 la réforme économique relative au libre échange et à la privatisation a bénéficié à ce groupe qui soutient le régime actuel.
D'autres facteurs ont contribué à la venue de partis islamiques au pouvoir, la récession, la corruption, l'incompétence, les divisions entre les chefs de partis laïcs (4) et une nouvelle génération de politiciens islamiques qui savent se montrer à la fois modernes et honnêtes. L'effort pour élire Gul soulève le spectre que la Cour de Justice ou l'armée ne renverse le gouvernement et appelle à de nouvelles élections.
Abdallah Gul a renoncé provisoirement à sa candidature à la présidence, provoquant des élections législatives prématurées le 22/07/07. Si les partis laïcs ne parviennent pas à s'entendre entre eux, les partis islamiques en sortiront renforcés, et la Turquie sera ramenée à la même situation qu'avant les élections. Le premier ministre Erdogan a fait adopter par le Parlement un amendement à la Constitution prévoyant que le président de la République serait désormais élu au suffrage universel direct et non plus par l'Assemblée, ce qui l'assure d'avoir un président de son parti islamique. Mais le président actuel Sezer pourra s'opposer à cet amendement.
Le port du voile est interdit dans les édifices publics. Or Mme Gul porte le voile et c'est ce qui a provoqué l'irritation des laïcs et de l'armée face à la candidature de Gul à la présidence. Si Gul est élu, sa femme porterait le voile interdit.
Source: minutes.fr