Les Français, comme les autres Européens, se prononcent majoritairement en faveur de quotas d’immigration, selon un sondage réalisé par Novatris/Harris Interactive et diffusé, vendredi 25 mai, par la chaîne de télévision internationale France 24 et le quotidien International Herald Tribune. De même ils estiment que les aides sociales ne devraient être attribuées aux immigrés en situation régulière qu’après l’acquisition de la nationalité du pays (62 %).
Selon ce sondage, les Français resteraient malgré tout plus ouverts que leurs voisins européens. Alors qu’une majorité de Britanniques (67 %), d’Italiens (55 %), d’Allemands (55 %) et même d’Espagnols (45 %) jugent qu’il y a trop d’immigrés dans leur pays, ils ne seraient que 32 % en France à le penser. En Italie, en Grande-Bretagne et en Allemagne, une majorité sont pour l’expulsion des clandestins, et ce qu’elle que soit leur situation familiale, mais seuls 34 % des Français soutiendraient une telle idée.
Présentant le même jour le rapport annuel de la commission contre le racisme et l’intolérance (ECRI) du Conseil de l’Europe, sa présidente, Eva Smith-Asmussen, s’est alarmée jeudi que l’Europe, dans son ensemble, perde ses valeurs d’ouverture et tende à stigmatiser les étrangers, y compris dans les pays longtemps considérés comme tolérants. "L’Europe est construite sur certaines valeurs comme la tolérance (...). Mais soudain, il semble que la chose la plus importante soit la sécurité et que tout le reste doive être sacrifié à cette idée", a-t-elle dit.
Dans son rapport, la commission juge "complexes et inquiétantes" les formes contemporaines de racisme et de discrimination raciale. Observant, dans les Etats membres, "des phénomènes virulents de racisme et d’intolérance", elle se dit "vivement préoccupée" par le climat négatif "alimenté par certains médias, mais aussi par l’utilisation d’arguments racistes et xénophobes dans le discours politique". "Actuellement, insiste l’ECRI, les discours xénophobes vivent leurs beaux jours dans les pays où le passage à une société multiculturelle suscite des peurs qui rencontrent un écho dans un contexte de crise économique et de mondialisation posant, pour beaucoup de citoyens, la question de l’identité nationale."
Source : Le monde