"Face aux peurs, les gouvernements sont revenus sur leurs promesses en matière d'égalité entre les genres", regrette Irène Khan, la secrétaire générale d'Amnesty, qui implore les Etats de respecter la liberté des femmes en matière religieuse.
"L'État a le devoir de préserver la liberté de choix des femmes, et non de la restreindre", affirme-t-elle, prenant l'exemple de l’interdiction du porte le voile islamique, "un symbole visible d'oppression pour les uns, un attribut essentiel de la liberté religieuse pour les autres".
La Turquie, pays musulman à 99% mais laïque, bannit le foulard dans les administrations et les universités. Mais le pays reste profondément divisé. Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamiste, souhaite assouplir la loi, mais fait face à l'opposition de l'armée.
La France, pays européen avec la plus forte proportion de musulmans (environ 5 millions, principalement originaires du Maghreb), est l'un des rares à avoir légiféré au niveau national, interdisant en mars 2004 le port de signes religieux ostentatoires à l'école publique, dont le hijab, voile qui laisse dégagé l'essentiel du visage.
"Il est déraisonnable, de la part des dirigeants occidentaux, de prétendre qu'un vêtement représente un obstacle majeur à l'harmonie sociale", argumente Mme Khan. "Conformément au droit à la liberté d'expression et de religion, une femme doit être libre de choisir ce qu'elle souhaite porter et c’est ce qu’on ne voit pas dans les pays européens."
"Les gouvernements et les responsables religieux ont le devoir de créer un environnement sûr dans lequel chaque femme puisse faire ce choix ", conclut-elle.
Source: Topinfo