Bakou (IQNA)- Interdiction d'utilisation des haut-parleurs pour diffuser l'appel à la prière,dans les mosquées de l'Azerbaïdjan

12:12 - May 29, 2007
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Après avoir pendant des années appelé cinq fois par jours les musulmans à la prière, les petits haut-parleurs accrochés au minaret de la mosquée Gadji Sultanali, dans le centre de Bakou, sont désormais silencieux.
Comme toutes les mosquées à travers l'Azebaïdjan, Gadji Sultanali s'est vu récemment interdire d'utiliser des haut-parleurs pour diffuser l'appel à la prière, une pratique largement répandue dans l'ensemble du monde musulman.
Mais déjà, plusieurs voix dénoncent une atteinte à la liberté de religion.
Rassemblés devant la mosquée Gadji Sultanali après la prière de midi, une poignée de fidèles critiquent la décision des autorités.
"Il est important d'entendre l'appel à la prière pour se rappeler notre devoir spirituel. Il y a tant de bruit dans la ville que nous ne serons pas en mesure d'entendre s'ils enlèvent les haut-parleurs", affirme Azie, 50 ans.
L'administration musulmane du Caucase, qui gère les affaires musulmanes en Azerbaïdjan au nom du gouvernement, a imposé l'interdiction la semaine dernière.
L'Islam connaît un renouveau en Azerbaïdjan depuis l'indépendance en 1991 suite à l'effondrement de l'URSS. Et l'Azerbaïdjan, un pays de 8,1 millions d'habitants regorgeant de pétrole, est, à l'instar de son voisin iranien, majoritairement chiite.
Paradoxalement, c'est ce regain d'intérêt pour la foi musulmane qui a conduit les autorités à interdire les hauts-parleurs, selon M. Agaïev qui explique que les diffusions concurrentes appelants les fidèles à la prière sont devenues une nuisance.
Pour Ilar Ibrahimoglu, directeur du Centre pour la protection des libertés religieuses, l'interdiction ne respecte pas les droits des fidèles.
"C'est absurde", s'exclame M. Ibrahimoglu, un imam qui s'est vu interdire de pratiquer par les autorités et qui dénonce un retour à la doctrine athée de l'époque soviétique.
"Je ne connais aucun autre endroit dans le monde où il existe une telle interdiction, ni en Europe ni aux Etats-Unis, sans parler des pays musulmans", soutient-il.
De fait, Le gouvernement azerbaïdjanais peine à s'adapter à la renaissance de l'islam.
Le nombre de religieux fervents est en hausse, à cause de l'Iran notamment qui a financé la construction de mosquée et d'écoles coraniques à travers le pays.
Parallèlement, certains accusent le gouvernement d'utiliser la supposée menace islamiste comme prétexte pour faire taire l'opposition.

Source: AFP
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