Zurich (IQNA)- Controverse autour des minarets

10:58 - June 02, 2007
Code de l'info: 1550549
Un des deux minarets qui se détachent sur le ciel suisse, celui de la mosquée Mahmoud à Zurich.
À l'heure actuelle, deux minarets seulement existent dans l'ensemble du pays. Et ils ne peuvent être utilisés pour lancer l'appel à la prière.
Hier, un porte-parole de l'UDC joint à Berne, Mats Muller, a indiqué que la collecte des signatures avait été lancée par des élus du parti mais n'avait pas pour autant reçu l'appui formel de la formation conservatrice, connue pour ses positions agressives en matière d'immigration.
«Nous nous prononcerons à ce sujet lorsqu'il deviendra clair que le référendum va aller de l'avant. C'est encore trop tôt», a expliqué M. Muller.
Certains juristes suisses affirment qu'une loi interdisant la construction de minarets pourrait être rapidement désavouée par la Cour européenne des droits de l'homme, garante, notamment, de la protection de la liberté religieuse.
«La Suisse est un pays indépendant. C'est la volonté du peuple qui doit être respectée. Nous n'aurions pas à nous confirmer à ce que la cour dirait», rétorque le porte-parole de l'UDC.
L'initiative référendaire, qui a été signalée par la chaîne Al-Jazira, est très mal reçue par la communauté musulmane suisse ainsi que les autres partis membres de la coalition qui gouverne le pays.
Un membre du Conseil fédéral, Pascal Couchepin, du Parti radical-démocratique, a déclaré récemment que la démarche des élus de l'UDC donnait «une image inquiétante de la Suisse».
Le quotidien Le Temps accuse le parti de vouloir «surfer sur la peur de l'étranger» en prévision des élections prévues à l'automne, ce que nie M. Muller.
La controverse survient alors que le Conseil de l'Europe sonne l'alarme sur la montée "inquiétante" de l'intolérance à l'échelle du continent.
Dans un rapport rendu public la semaine dernière, la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) s'inquiète de «l'hostilité croissante"»manifestée envers les musulmans, relevant au passage que l'intégration n'est pas un processus à sens unique.
L'ECRI avait émis une mise en garde relative à la Suisse en 2000, avant que l'UDC ne connaisse une forte montée de popularité. «La société suisse, soulignait-elle alors, refuse trop souvent d'admettre que la notion de multiculturalisme recouvre un champ plus large que la traditionnelle pluralité linguistique du pays.» M. Muller insiste pour sa part sur la nécessité de traiter des difficultés posées par l'arrivée «massive» d'immigrants, en particulier en provenance de pays musulmans. «Il y a de réels problèmes qui en découlent. Il faut en parler. C'est le rôle des partis politiques de le faire», dit-il.

Source: Topinfo
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