Thaïlande (IQNA)- Vives tensions dans le Sud musulman après au moins 18 morts

11:07 - June 02, 2007
Code de l'info: 1550554
Les tensions étaient très vives vendredi dans le Sud musulman et malais de la Thaïlande au lendemain d'un attentat à la bombe attribué à des rebelles, qui a tué douze soldats, et de l'attaque d'une mosquée où six jeunes hommes ont été abattus.
Des musulmans thaïlandais enterrent le 1er juin 2007 un homme tué la veille dans une mosquée du district de Saba Yoi
L'explosion télécommandée d'une bombe, suivie d'une embuscade, qui a fait 12 morts parmi des militaires circulant dans une camionnette jeudi soir dans la province de Yala, est l'action la plus meurtrière contre l'armée depuis le début de l'insurrection séparatiste en 2004 dans l'extrême sud du royaume.
L'attaque est intervenue alors que les forces de sécurité étaient déjà mobilisées à travers le pays après la décision à Bangkok d'une cour nommée par la junte au pouvoir depuis septembre d'interdire le plus grand parti de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra.
Le colonel Acra Tiproch, porte-parole de l'armée thaïlandaise, a déclaré à l'AFP que les rebelles dans le Sud cherchaient à provoquer une puissante riposte des forces de sécurité qui seraient ensuite tenues pour responsables d'atrocités.
"Nous devons être patients" et "nous ne ferons rien qui soit susceptible de créer davantage de problèmes et d'injustice", a dit Le Premier ministre intérimaire, Surayud à Bangkok.
Peu avant l'attaque jeudi soir contre les militaires, cinq hommes âgés d'une vingtaine d'années qui priaient dans une mosquée du district de Saba Yoi, dans la province de Songkhla bordant celle de Yala, avaient été tués par balle. Un sixième jeune est décédé le matin.
Par ailleurs, pour la deuxième journée consécutive, quelque 2.000 musulmans, majoritairement des étudiants et des femmes, se sont rassemblés vendredi dans la principale mosquée de la localité de Pattani pour exiger la levée des lois d'urgence et le retrait des troupes thaïlandaises de la région.
Les autorités locales affirment que des rebelles sont derrière cette manifestation.
Le gouverneur provincial Panu Uthairat a lancé plusieurs appels au calme, et les forces de sécurité ont totalement bouclé le secteur.
Ailleurs, dans le Sud musulman, deux personnes, dont un autre soldat, ont été tuées par balle, tandis que neuf militaires ont été blessés par des explosions, a indiqué vendredi la police.
Dans les provinces les plus méridionales de la Thaïlande, qui étaient jusqu'à il y a un siècle un sultanat indépendant, les habitants d'ethnie malaise et qui ne parlent généralement pas thaï sont très majoritairement musulmans, contrairement au reste du royaume largement bouddhiste.
Plus de 2.200 personnes ont été tuées dans des violences depuis janvier 2004 dans cette région frontalière de la Malaisie où des groupes armés luttent contre l'autorité de Bangkok.
Alors que le Premier ministre renversé Thaksin Shinawatra était largement détesté dans l'extrême sud, les généraux qui l'ont renversé, dont Sonthi et Surayud, ont multiplié les gestes en direction de la population musulmane, notamment en s'excusant publiquement pour les "bavures du passé". Le général Sonthi est de confession musulmane mais n'appartient pas à l'ethnie malaise.

Quelque 30.000 soldats thaïlandais sont actuellement déployés dans l'extrême sud et Bangkok a récemment annoncé son intention d'envoyer des renforts.

Source: tribune de Geneve
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